Immigration : Du cas par cas massif ?
Une grève viendrait remettre en cause la cohérence enfin acquise de la politique d’immigration.
En France, c’est bien connu, il suffit de faire grève pour obtenir ce que l’on veut, y compris au mépris de l’intérêt général et des lois. Ainsi il ne faut que 600 clandestins qui se mettent à cesser un travail qu’ils occupent illégalement pour que l’on abandonne ipso facto tous nos principes et toute notre politique en matière d’immigration, pourtant acquise de haute lutte.
Les principes ont été clairement posés, avec courage et force assurance pendant la campagne présidentielle, il y a de cela un an seulement. Nicolas Sarkozy avait dit aux français que la France serait généreuse et accueillante comme elle l’avait toujours été tout en étant également ferme sur ses principes. Les immigrés légaux seraient les bienvenus et, innovation, ils seraient même intégrés. Le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale avait été créé pour avoir une politique cohérente et ambitieuse de l’immigration. La loi Hortefeux avait été une grande avancée et la politique d’immigration est une vraie réussite depuis un an. Il avait dans le même temps été entendu que nous n’accepterions plus guère l’immigration clandestine.
Mais voilà qu’une grève, savamment orchestrée par la CGT, la Cimade et les associations d’extrême gauche viendrait remettre en cause la cohérence enfin acquise de la politique d’immigration.
Plutôt que de contrôler les patrons indélicats - ou patrons voyous pour utiliser les terminologies à la mode mais en l’occurrence à bon escient, ça nous changera - ayant sciemment embauché des clandestins (ou alors il faut nous expliquer pourquoi ils ne les ont pas déclarés auprès des organismes sociaux), il est d’impérieuse nécessité de relancer un débat clos. Clos parce que de ce débat était sortie une politique claire et définie. Les patrons de certaines branches embrayent également et réclament à cors et à cris les régularisations.
Ce n’est pas ainsi qu’on définit une politique. Surtout quand on traite de sujets ayant trait à l’humain. La main d’œuvre étrangère est certes nécessaire dans bien des branches et c’est la raison pour laquelle il faut organiser mieux encore l’immigration de travail. Mais ne pas remettre de la pagaille où l’on venait de mettre de l’ordre paraît judicieux.
La régularisation de clandestins est toujours un appel d’air. Elle est toujours un signe envoyé aux candidats à la clandestinité. Le message est net. Venez, souffrez, patientez dans la misère et sans conditions dignes et vous aurez peut-être la chance que la France ferme les yeux.
Pendant ce temps, les candidats à l’immigration légale, canalisée, mise en place en partenariat avec leurs pays d’origine (qui ne sont pas que des producteurs de main d’œuvre pas chère pour les gros patrons européens mais qui doivent eux aussi se développer) peuvent toujours attendre.
En somme c’est une prime à la clandestinité. Exactement ce dont on ne voulait plus.
M. Hortefeux déclare que des régularisations se feront "au cas par cas". La loi le permet en effet, et c’est heureux. Mais les 600 grévistes ont déjà l’assurance de leur régularisation. En attendant la suite. La CGT annonce qu’elle dépose les dossiers dans cinq préfectures d’Ile de France. Il est vrai que cela entre totalement dans les attributions syndicale de la CGT que de s’occuper de la politique d’immigration de la France !
Dans ce cas, est-ce encore du cas par cas ? Evidemment Non !Gare aux régularisations « au cas par cas » massives ! Ce ne sont ni les patrons, même de certaines branches sous tension au niveau de la main d’œuvre, ni les syndicats qui définissent la politique nationale d’immigration. Céder sur les principes serait bien malheureux même s’il s’agit de parvenir à des fins légitimes. Le fait d’avoir pu se procurer un emploi au mépris de la loi ne lave pas du caractère clandestin et illégal de la situation d’un homme sur le territoire d’un pays qui ne l’a pas accepté, peut-être même refusé.
Il faut tendre la main à une main d’œuvre étrangère qui respecte les règles et qui ne manque pas au développement de son pays, ni ne désorganise le marché du travail ici. C’est ce que le peuple français, seul souverain, a décidé, il y a de cela un an seulement…












Commentaires
Que dire? Vous avez raison. Un Gouvernement de Gauche aurait régularisé tout le monde. C'est sûr. L'administration actuelle se voit sans aucun doute contrainte par les textes d'en régulariser 741.
Il s'agit bien de la preuve que notre système d'immigration comporte encore de nombreuses failles et qu'il faudra légiférer pour les combler. L'objectif étant bien entendu qu'en pareil cas le nombre de régularisations de clandestins soit proche du zéro. Citer
Lu dans le Monde sur le net au 1er août :
Ambiance de fête pour les travailleurs clandestins dans le 13e arrondissement de Paris. C’est dans la bonne humeur qu’ils ont décidé de mettre fin à une grève de plusieurs mois. Ces travailleurs clandestins ont obtenu satisfaction…
Les responsables de la CGT présentent le dernier bilan : plus de 850 régularisations ont été obtenues depuis plus de 3 mois. “On considère que c’est une régularisation au cas par cas massive”, plaisante Raymond Chauveau (CGT)… Citer
Qui a dit prémonition? - Mais non, c'était juste couru d'avance… Et après on insulte Monsieur Hortefeux, le comparant à un homme d'extrême droite !
Il a encore du pain sur la planche…
Allez, l'année prochaine on double l'objectif !!! Chiche?
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