to view content.L'Europe débloquée
On aurait pu frôler la catastrophe, voire définitivement achever l'Europe. Alors que les Britanniques avaient finalement plié et obtenu ce qu'ils voulaient plus ou moins avoir, les infernaux jumeaux Kaczynski étaient sur le bord de tout faire voler en éclat, samedi soir, sur les coups de vingt-et-une heures.
Dimanche, au petit matin, c'est donc avec un véritable soulagement que l'on a su que le projet européen pourrait enfin redémarrer à partir de la mi-2009, après le traumatisme des "non" français et néerlandais de 2005 qui l'avait momentanément gelé. Hélas, le traité constitutionnel cher à Valéry Giscard d'Estaing est bel et bien mort et enterré. Une page est tournée, c'est ainsi.
Bien entendu, à l'image de l'ancien ministre des Affaires européennes, Pierre Moscovici, on pourra toujours s'éterniser à dire que l'accord trouvé la nuit dernière manque d'ambition. Il n'a certainement pas tort. Mais faisons profil bas et contentons-nous en, avant de se remettre à rêver comme cela était possible il y a deux ou trois ans. Il fallait s'atteler au déblocage avant toute chose. Le temps des grands idéaux et révolutions sera à plus tard. Lorsque peuples et dirigeants auront mûri.
L'Europe est à nouveau en marche. A ce titre, le travail et la volonté fournis par Angela Merckel en premier lieu, puis par José Manuel Barroso, Jan Peter Balkenende ou Nicolas Sarkozy sont à souligner.
Les réformes urgentes ont été adoptées et voilà bien l'essentiel : la majorité qualifiée dans presque tous les domaines, calculée selon le système de double majorité (55 % des Etats représentant 65 % de la population européenne) ; la présidence stable du Conseil européen de deux ans et demi ; la réduction du nombre de commissaires européens à dix-huit ; la création du haut représentant pour la politique étrangère et sécuritaire. Avec ces outils nécessaires, l'Europe retrouvera ce qui lui manquait en grande partie, à savoir une logique et une cohérence.
Même si les remords du Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker quant à l'abandon des références concernant la devise, l'hymne et le drapeau uniques sont une fois encore fort compréhensibles, le temps n'était plus aux considérations de forme – non pas qu'elles soient mineures – qui nous ont tant miné. Comme le soulignait Bernard Kouchner, le fond était primordial avant tout !
Après deux années de tergiversations, voilà l'Union européenne à nouveau en marche, pour un petit moment. La bataille fut rude. Mais "l'Europe ne se fera pas en un jour, ni sans heurts" disait Robert Schuman.












Commentaires
T'as vu Nico : même avec moi-même je me mets à enculer les mouches. Citer
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