to view content.L'Europe prise au piège
Si l'on en croit les dernières déclarations de part et d'autre de l'Atlantique, l'agent 007 va enfin pouvoir reprendre du service du côté de ses éternels ennemis russes.
Le président Medvedev ne craindrait-il pas une nouvelle "guerre froide" ? Cessons la plaisanterie, de mauvais goût dans cette période mouvementée des relations internationales.
La situation en Géorgie s'envenime à mesure que les jours passent. Dans les moments propices à balancer n'importe quel type de formule médiatique qui fait mouche, il serait bon de reprendre tout à plat. D'en tirer quelques conclusions. Jeter l'opprobre sur tel ou tel camp serait une erreur, même si, en France, nous aimons trancher les têtes et que, pour nos amis américains, le monde a besoin d'être classé entre méchants et gentils. La situation est bien trop complexe pour être aussi hâtif sur les raisons et explications de cet énième conflit caucasien. L'histoire jugera.
En tout cas, si une chose peut être affirmée avec force, c'est que l'Europe a échoué. De nouveau. Echoué car impuissante face à la Russie medvedevo-poutinienne. Echoué car quasi inaudible face aux Etats-Unis. Echoué car incohérente dans ses choix.
Il n'y a même pas six mois, la majeure partie de l'Union européenne reconnaissait, en grande pompe, l'indépendance du Kosovo. Idem pour le Monténégro, deux années plus tôt. Ceci au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, une des valeurs occidentales depuis un demi-siècle ; officiellement. Officieusement, certainement pour achever de dépecer la Serbie et de noyauter l'influence de Moscou dans la région. Pour autant, la raison officielle reste satisfaisante et ces choix furent justes.
Voilà qu'aujourd'hui, alors qu'intérêts gaziers, pétroliers et stratégiques se voient menacés, la même Union européenne ne saurait accepter les déclarations d'indépendances de l'Abkhazie et de l'Ossétie, deux territoires qui sont, faut-il le rappeler, indépendants de facto depuis belles lurettes.
L'Europe, alors qu'elle traverse une crise institutionnelle et identitaire sans précédent, ne peut décemment continuer de s'aventurer sur le terrain diplomatique avec une telle incohérence, une telle inconstance et un tel cynisme, ainsi que d'être le pantin de Washington. Après les Balkans et l'Irak, l'histoire semble se renouveler pour les Vingt-Sept.
Aucun projet politique viable et pérenne ne fut, un jour, défini par la formule du "deux poids, deux mesures". On ne jongle pas à souhait entre valeurs et realpolitik, quand bon nous semble. Ce jeu est dangereux. Les Européens ont été pris au piège. Leur propre piège.











Commentaires
Je suis assez favoralbe au "lchoix de pays souverains" mais vous reconnaitrez que les grandes puissances prennent assez leur liberté avec ce concept.
Les dernières semaines ont marqué le retour de la puissance dans le débat géopolitique. Après, il faut en avoir ou pas (de la puissance). Certains ont poussé la Géorgie a devenir un "Cuba", une péine dans le pied russe. On mesure là l'échec de tels conseilleurs.
"L'attaque géorgienne en Ossétie du Sud était peut-être maladroite mais justifiée. L'Ossétie du Sud est une province géorgienne même si elle est autonome. Donc il s'agissait d'une question de politique intérieure géorgienne. La Russie a fait de l'ingérence dans les affaires géorgiennes depuis trop longtemps"
Là que vous dire, vous semblez méconnaitre la légitiment révendication du peuple osséte. "Dans les années 1918-1921, la région voit se dérouler des affrontements entre les forces gouvernementale s géorgiennes et les Ossètes, qui demandaient l'indépendance. Le gouvernement géorgien de son côté accusait les Ossètes de collaboration avec les Bolchéviques. D'après les sources ossètes, le conflit fit plus de 5 000 morts directs, plus 13 000 indirects, suite à la famine et aux épidémies" rappele Wikipédia.
La Russie profite peut-être d'une erreur stratégique, mais elle le fait en phase avec une population qui la soutient.
Enfin, on ne peut d'un côté accepter les interventions américaines, l'indépendance du Kossovo et vouloir condamner les Russes.
Maintenant, et revenons en au post, il faut que l'UE comprenne aujourd'hui qu'elle n'a plus d'existence diplomatique et c'est là le drame.
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En effet, je rappelle que la première chose à faire était d'arriver à un cessez le feu. Préalable à tout. Qui est parvenu à faire entendre raison aux belligérents en quelques heures? Nicolas Sarkozy, Président en exercice de l'UE.
Par ailleurs, il me semble que l'Europe -dans la gestion de ce conflit - en profite pour tenter de s'unir et de ne parler que d'une voix. Là encore, et alors que les positions de départ sont très partagées, le Conseil Européen d'hier apparaît être un pas en avant vers l'importance de la diplomatie européenne.
Voilà en tout état de cause une preuve de plus que nous n'existerons que si nous sommes européens. Voilà une raison de plus de renforcer l'Europe! Citer
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