Qu'est ce que les OGM?
Un OGM est un organisme vivant au sein duquel le matériel génétique a été modifié.
A l'avenir, les plantes génétiquement modifiées pourraient jouer un rôle majeur dans le domaine médical (obtention de molécules, de vaccins...), agronomique (résistance à la sécheresse, aux maladies...), ou dans la dépollution des sols.
On peut distinguer deux "classes" d'OGM :
- Les OGM naturels, dont le matériel génétique a été modifié sans intervention de l'homme,
- Les OGM non naturels, dont le matériel génétique a été modifié par une intervention humaine.
Au sein de ces deux "classes", on peut distinguer deux "sous-classes" :
- Les OGM (naturels ou créés par l'homme) qui ont un matériel génétique modifié par leurs propres gènes (on parle d'origine endogène, ces gènes ayant muté puis se sont transmis ou ont été transmis par la même espèce)
- Les OGM (non-naturels ou non-créés par l'homme) qui ont un matériel génétique modifié par des gènes provenant d'espèces différentes (on parle d'origine exogène, ces gènes se sont transmis ou ont été transmis par une espèce différente).
Bien que ce terme soit le plus souvent associé aux plantes transgéniques (aussi appelées PGM), il peut être employé aussi bien pour les animaux, les micro-organismes ou les virus.
Certains scientifiques préconisent le terme « Chimère génétique » (ou Chimères Viabilisées Commercialisables) pour un organisme génétiquement modifié par l'humain afin d'exprimer sa transformation artificielle.
Au sein de l'Union européenne, un OGM est défini comme suit :
« Un organisme génétiquement modifié est un organisme (à l'exception des êtres humains) dont le matériel génétique a été modifié d'une manière qui ne peut s'effectuer naturellement par multiplication et/ou par recombinaison. »
Les plantes transgéniques : les grandes étapes
1973 : Identification du plasmide Ti dans la bactérie Agrobacterium tumefaciens. Ce plasmide permet d'accueillir le gène porteur du caractère recherché, qu'il est en mesure d'introduire dans le génome d'une plante.
1983 : Première plante transgénique obtenue (tabac au stade expérimental).
1985 : Première plante transgénique résistante à un insecte.
1987 : Première plante transgénique tolérante à un herbicide total.
1988 : Première céréale transgénique (maïs résistant à la kanamycine).
1990 : Première commercialisation d'une plante transgénique (Chine : tabac résistant à un virus).
1994 : premier légume transgénique commercialisé (tomate Flavr savr à maturation retardée).
1997 : Premier tabac producteur d'hémoglobine.
France : première autorisation de la culture transgénique : maïs résistant à la pyrale.
1999 : 40 millions d'hectares de plantes transgéniques dans le monde.
2000 : Séquençage du génome d'Arabidopsis thaliana.
2002 : 58,7 millions d'ha de plantes transgéniques cultivées dans le monde.
2003 : 67,7 millions d'hectares de plantes transgéniques cultivées dans le monde.
2004 : 81 millions d'hectares de plantes transgéniques cultivées dans le monde.
2005 : 90 millions de plantes transgéniques cultivées dans le monde.
Quel est le problème avec les OGM ? Pourquoi tant de gens sont-ils contre?
Les plantes génétiquement modifiées peuvent présenter différents intérêts :
- être résistantes à certaines maladies ou à certains insectes, ce qui permet d'éviter ou de réduire l'apport de pesticides, et donc de limiter la consommation des produits chimiques en agriculture ;
- être plus résistantes à des milieux moins favorables et donc pouvoir se développer dans des conditions de sécheresse ou de salinité plus forte par exemple ;
- être plus riches en certaines molécules, ce qui permet de les utiliser de façon préventive ("riz doré " riche en vitamine A permettant de réduire les risques de cécité notamment dans les pays en développement) ou à des fins thérapeutiques ;
- être tolérantes à certains herbicides, ce qui permet donc des traitements plus simples et une lutte plus efficace.
A l'avenir, les plantes génétiquement modifiées pourraient jouer un rôle majeur dans le domaine médical (obtention de molécules, de vaccins...), agronomique (résistance à la sécheresse, aux maladies...), ou dans la dépollution des sols.
- Depuis plus de 10ans, les médicaments produits par des micro-organismes génétiquement modifiés ont permis de soigner 60 millions de personnes.
- En 2001, les plantes transgéniques couvraient 50 millions d'hectares dans le monde. Elles en couvrent aujourd'hui environ 90 millions.
- En France, ce sont les autorités administratives qui prennent la décision d'autoriser les essais en champ pour un nouvel OGM.
- En Europe, l'étiquetage doit préciser la présence d'OGM si le produit alimentaire commercialisé en contient plus de 0,9 %.
- La méthode utilisée pour faire un OGM s'appelle "génie génétique".
- Techniquement, on peut transférer un gène de n'importe quelle espèce dans n'importe quelle autre.











Commentaires
Une plante transgénique peut avoir délibérément été conçue pour être toxique. C’est le cas des variétés qui sécrètent une substance insecticide dirigée contre leurs ravageurs. Mais la toxine peut involontairemen t faire d’autres victimes : d’autres insectes notamment, y compris des espèces protégées ou utiles, ainsi que les insectes du sol, auparavant peu affectés par les épandages aériens de pesticides.
Ce problème se pose dans le cas d’une variété d’OGM résistante à un ravageur, comme les variétés Bt, résistantes à la pyrale. Les individus de l’espèce d’insecte capables de résister à la toxine se verront favorisés dans cet environnement sélectif et une proportion croissante d’insectes seront insensibles à la toxine. Le maïs OGM sera devenu inefficace, mais aussi les traitements biologiques (utilisant les bactéries productrices de toxine), ou chimiques (insecticides Bt). Rien n’arrêtera alors les ravages de la pyrale.
La valeur ajoutée d’un OGM peut lui procurer un avantage adaptatif et lui permettre d’envahir un milieu naturel. Une plante devenue, par exemple, plus résistance au froid pourrait alors devenir vivace, c’est-à-dire survivre d’une année sur l’autre et se reproduire alors que sa grande sœur non-transgénique était annuelle et ne passait pas l’hiver. Une telle endurance pourrait entraîner l’envahissement des milieux naturels par cet OGM, alors que les variétés conventionnelle s étaient confinées aux champs cultivés et restaient sous contrôle.
Une plante transgénique peut, comme tout autre plante, se reproduire. Elle peut alors transmettre son nouveau caractère à sa descendance et le répandre en le communiquant à des variétés non transgéniques de la même espèce ou à une espèce voisine. L’intervention de facteurs extérieurs (vent, insectes, oiseaux) pour transporter les pollen rend, de plus, difficilement mesurable et contrôlable la dispersion des gènes.
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je vous préfère dans la participation constructive au débat que dans la récitation des thèses frontistes.
Visiblement vous faîtes de la biologie. Pouvez-vous alors répondre à quelques questions?
La recherche sur les OGM, si elle peut continuer et si on veut bien abandonner le terrain des dogmes, ne permettra-t-elle pas d'affiner la sélectivité des produits sécrétés par le maïs (dans notre exemple) contre la pyrale?
Est-on certain de la sélectivité des produits phyto-sanitaires que nous épandons par hectolitres sur nos cultures et qui au final se retrouve dans les sols et dans l'eau que nous buvons?
Sur la résistance aux toxines, n'est-ce pas là aussi en tous points comparable au produits phytosanitaires ? C'est-à-dire qu'il y a un effet d'adaptation contre lequel on lutte déja en modifiant régulièrement nos produits phyto-sanitaires. Je ne comprends pas pourquoi cette lutte par la modification des toxines produites par les plantes serait impossible.
Enfin, je ne crois pas à la thèse de l'invasion. Parce que dans des pays comme le notre il n'y a hélas que très peu de territoires réellement naturels. Et parce que si on admet, une fois les recherches suffisantes effectuées que l'on peut cultiver des OGM, cela ne se fera pas sans contrôle. Je veux dire par là qu'on est pas obligé de faire n'importe quoi, et de créer des plantes vivaces et indestructibles qui sont susceptibles d'envahir les territoires non cultivés. Là encore, il faut autoriser la recherche et ensuite on fera des choix. Ne présumons pas des choix que l'on fera une fois qu'on saura et tentons d'abord de savoir pour éclairer ledit choix.
Enfin, pour finir, on sait qu'il y a des plantes où on pourra se permettre les OGM, comme le maïs car en europe il n'a pas d'espèces voisines, et il y en a d' autres où on ne pourra pas se le permettre comme le colza. Sauf si on arrive à être certain que le gène en question ne pourra pas se transmettre, mais là je ne m'y connais pas assez, je ne sais pas si ce sera possible. La science progresse. Citer
Vous vous posez des questions et vous en posez au sujet des OGM, tout cela est bien la preuve que nous ne savons pas ecore grand chose.
Par précaution, pour tenter d'assurer à l'humanité un environnement sain, il me semble préférable de limiter voir d'interdire certains types d'expériences. Je précise que je n'approuve cependant pas la destruction sauvage de culture OGM! Citer
Je me suis trompé, visiblement vous n'êtes pas biologiste et visiblement vous n'avez pas beaucoup envie de participer réellement au débat sur les OGM. En fait Le Pen n'a pas encore fait de jeu de mot ridicule sur le sujet mais la solution est la même que pour les autres sujets. On exagère, comme ça, ça fait peur et on finit par interdire. Citer
Si à cause de gens comme Bové à l'époque on avait interdit l'électricité, ou en serions nous? En tout cas JUMP67.com n'existerait pas. :'( Citer
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Un pharmacien qui me faisait cours il y a quelques mois de ça me disait qu'il ne faut pas raisonner de manière globale et dire "Les OGM". Il faut parler "Des OGM". Pour certains, l'innocuité a été prouvée. Pas pour d'autres.
Mais que la question soit posée dans un sens ou dans l'autre, Limmt et Marc, il me semble que la seule réponse possible c'est de dire qu'on n'en sait clairement pas assez et qu'il faut poursuivre la recherche. Bové et ses co-religionnaires (car ils se sentent investis d'une mission divine visiblement) empêchent qu'on en sache suffisamment au nom d'une idéologie rétrograde. Et c'est très grave. Imaginons un instant qu'un autre groupe utilise les mêmes méthodes pour d'autres combats comme contre la médecine, l'IVG, les vaccinations, l'informatique etc… Que deviendrions nous? C'est un combat CONTRE l'évolution, ce n'est pas raisonner l'évolution. Citer
En ce qui concerne les végétaux, des diffusions intervariétales (entre variétés d'une même espèce) ont été observées après des études sur le colza et le maïs. Les taux de diffusions dépendaient de la distance et diminuaient ainsi de 2,5% à 1m à 0,01% à 65m pour le colza ; tandis qu'on observait un taux de 18% pour le maïs dans le sens du vent. Des diffusions entre espèces voisines cette fois ont également été observées dans le cas de la betterave.
La reproduction des espèces végétales se faisant principalement par pollinisation/égrenage, des consignes de sécurité claires et proportionnelle s aux espèces peuvent être définies :
- déchaumage du sol (ce qui consiste à retourner la terre pour qu'un maximum de graines transgéniques ait germé) entre des cycles de production différents pour éviter qu'il n'y ait germination de plantes transgéniques au sein des nouvelles cultures et diffusion des graines transgéniques dans l'ensemble de l'écosystème : nappes phréatiques, etc
- fauchage fréquent et précoce des bordures.
Sans ces précautions, il y aura nécessairement diffusion.
En ce qui concerne les insectes, vous avez cité la pyrale. Parlons-en. On a déjà remarqué l'apparition d'insectes résistants à la toxine Bt dans certains pays (Malaisie, Japon, Hawaii) où son application en épandage est répétée. Scientifiquemen t, il est donc fort probable que les mêmes apparitions aient lieu en réponse à la modification génétique, avec un fort risque que ces types deviennent majoritaires au sein de l'espèce. C'est le jeu indéniable de la sélection naturelle avec avantage sélectif… Une solution à ce problème serait la création de plans annexes où l'on produirait des plants non transgéniques pour permettre aux insectes non résistants de vivre tout aussi bien et de maintenir l'expression de la résistance à un état homozygote.
Petit rappel : un insecte ne devient pas résistant à une toxine parce qu'il y ait exposé de longue date. La raison est toute autre. Il y a d'abord une mutation génétique arbitraire qui confère l'avantage sélectif d'abord à quelques rares échantillons, puis cet avantage sélectif face à la sélection naturelle permet à ces échantillons de se répandre au sein de leur espèce. La probabilité et la vitesse de sélection d'insectes résistants dépendent de nombreux facteurs :
* du nombre de générations,
* de la concentration de la toxine dans la plante,
* de la fréquence initiale et de la "force" des éventuels gènes de résistance dans les différentes populations de pyrales,
* de la fréquence des accouplements des survivants d'un champs trangénique avec les papillons issus des champs voisins non transgéniques,
* du coût biologique d'acquisition de la résistance (femelle moins féconde, développement plus long).
Ensuite, pr les plantes auquelles nous voulons conférer l'avantage de résister à certains insectes, il s'agira d'étudier au préalable avec un net recul temporel l'effet de cet manipulation sur les autres espèces d'insectes, pour s'affranchir de tout risque de réduction indésirable de la biodiversité et de l'abondance des insectes éco-actifs.
Pour ce qui concerne directement l'homme, on évitera d'implanter des gènes connus pour leur fréquente toxicité. n effet si le transgène code pour un allergène connu il est tout à fait probable que la plante transgénique va exprimer la protéine exogène avec son potentiel allergénique. Ce fut le cas lorsque la société américaine Pioneer Hi Berd a voulu intégrer dans le soja l’albumine 2S de la noix du Brésil. Cette protéine est un allergène reconnu par les personnes sensibles à la noix du Brésil et en étant exprimé par le soja il en garde ses propriétés allergisantes. Ce soja transgénique n’a jamais été commercialisé.
Enfin, j'en viens à un des facteurs les plus problématiques. Il est lié à la méthode de transmission du gène modifié à la plante. Aujourd'hui, cela se fait majoritairement par vecteur viral (on modifie génétiquement un virus qui additionnera son patrimoine génétique à celui de la plante). Or, on ne se contente pas d'insérer le gène d'intérêt dans la plante, on insère aussi un gène de résistance antibiotique. Cela permet de s'assurer du transfert du gène à la plante, du bon boulot effectué par le virus, d'une manière plus simple. Au lieu de recréer les conditions climatiques/environnemental es auxquelles sont censée résister les plantes pour voir si le gène est là, il suffit ainsi de les soumettre à tel ou tel substance basique (saccharose, glucose, produits pharma…). Or, ce gène de résistance antibiotique pourrait se diffuser au sein de notre flore intestinale au cours de la digestion (notre flore intestinale est composée de milliards de bactéries) où à d'autres espèces qui pourraient ainsi devenir résistantes aux antibiotiques. Ce phénomène n'a pas été observé en laboratoire, mais de nombreux scientifiques pensent que cela est du au manque de recul temporel. C'est pourquoi il serait judicieux de préconiser le retirement de ce gène de résistance antibiotique à la sortie du laboratoire.
J'oubliais les conséquences sur la qualité des aliments. L'on pense que l'insertion du gène pourrait faire varier la sécrétion de certaines substances (augmenter la production de certaines substances toxiques jusqu'alors tolérées, diminuer la production des molécules essentielles, etc). La qualité s'en perdrait. Ce problème peut toutefois être solutionné si l'on prend garde à conservé des plants non transgéniques de secours.
Ma conclusion : si l'Etat on communiquait un peu + à ce sujet, l'on pourrait avancer… Citer
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