Redonner du sens à l’Europe !
Depuis ce mardi, la France assume la présidence du Conseil européen, plus communément nommée présidence de l’Union européenne. Elle succède ainsi à la Slovénie, et ce pour une durée de six mois.
Ne nous leurrons pas : assumer cette fonction ne signifie nullement révolutionner l’Europe et ses institutions selon nos propres vues, mais bien plus poursuivre ou conclure les chantiers lancés par ceux qui nos prédécesseurs à cette fonction, et surtout en lancer de nouveaux (et si possible les voir aboutir).
Toujours au registre de l’honnêteté intellectuelle, nous nous devons d’admettre que la situation européenne n’est pas des moins complexes : le récent rejet du Traité de Lisbonne par l’Irlande, auquel s’ajoutent les incertitudes quant à de futures décisions tchèque et même polonaise, ne simplifient guère la tâche française.
A l’horizon, on voit de plus poindre les élections européennes de 2009, lesquelles supposeront pour ne pas entraver d’avantage encore le fonctionnement de l’Union européenne que de nouvelles règles institutionnelles soient fixées.
C’est donc en tenant compte de ces difficultés que notre pays devra être à la manœuvre, et nous ne saurions nous résoudre à la simple gestion de ces quelques difficultés, même s’il nous reviendra aussi, bien évidemment, d’y proposer des solutions.
La présidence française s’articulera donc autour de quatre grands chantiers, que Nicolas SARKOZY s’est attaché à présenter en ce début de semaine :
- L’environnement, avec l’adoption espérée du plan « climat – énergie » par les 27, et la diminution de 20% des émissions de gaz à effet de serre dans l’Union européenne d’ici à 2020. Si la France a pris individuellement sa part dans ce domaine par le Grenelle de l’environnement, une action commune permettrait assurément une bien plus grande efficacité et donnerait un exemple marquant au reste des Etats du monde encore réticents à emprunter cette voie.
- L’immigration, avec une uniformisation minimale ou tout du moins une coordination des politiques des Etats membres en la matière, ce qui paraît indispensable depuis l’ouverture de nos frontières et l’institution de la liberté de circulation. Si cela passe par une plus grande concertation et des prises de décisions communes, notamment pour les régularisations dites massives, il s’agira également de travailler ensemble à une meilleure sécurisation de nos frontières extérieures.
- Le pétrole, dont la hausse du prix affecte l’ensemble des Etats membres, dans des proportions différentes selon la fiscalité propre à chacun. Les décisions relatives à la fiscalité devant dans le cadre de l’UE être prises à l’unanimité, il s’agira de chercher un compromis et pourquoi pas de parvenir à une adoption de la proposition faite par Nicolas SARKOZY de plafonner les recettes de TVA à partir d’un certain montant du prix du carburant.
C’est d’ailleurs le prix de l’énergie en général et les solutions de régulation qui devront faire l’objet de débats durant ces six mois.
- La politique agricole commune, dont les règles sont pour l’instant définies jusqu’e, 2013, et qui dont les contours devront être définis pour la période suivante. Sans doute faudra-t-il également se poser la question d’une révision des modes d’attribution des subventions et des quotas, à l’heure où le monde traverse une grave crise alimentaire.
C’est autour de ces quatre axes, mais aussi avec d’autres préoccupations telles que la relance institutionnelle, la lutte contre la maladie d’Alzheimer, la défense européenne, ou encore la réduction à 5,5% du taux de la TVA dans la restauration et le disque, que la France entend mener sa mission, et surtout la mener à bien.
La tâche sera des plus ardues, reconnaissons le, et il faudra faire preuve de bien du volontarisme, d’esprit de concertation et surtout de créativité. En tout état de cause, c’est sur la France que pèse la charge d’éviter à l’Europe ne s’enfonce plus profondément encore dans une crise qui le mine depuis 2005.
Au-delà de ces thématiques, c’est surtout à la philosophie européenne qu’il faudra peut être redonner souffle : être actifs, mettre sur pied des projets clairs, efficaces et compréhensibles, et surtout prouver aux peuples que l’Europe les protège toujours, voilà l’ambition plus générale qu’il faudra faire notre. En résumé, redonner du sens à l’Europe !
Qu’il nous soit toutefois encore permis en tant que Français et Alsaciens d’espérer que la ville de Strasbourg sera au cours de ces six mois affirmée comme le véritable siège du Parlement européen…





Commentaires
J'ai beau relire, je ne vois pas quel mot pourrait choquer. Donc, si je trouve pas un moyen de poster la fin de l'éditorial, alors tant pis, vous ne connaîtrez pas la dernière phrase. Franchement, votre truc de filtrage pour mots interdits n'est vraiment pas au point et c'est peu de le dire ! On en arrive à la situation abracadabrantes que où même un texte d'un membre de l'UMP ne passe pas sur votre blog, pour cause de "mots interdits" (sic). Est-ce de la censure ou un simple problème technique ? Quel est donc ce mot interdit ? Je cherche mais je ne vois pas. Citer
Pour la première fois dans l'histoire de l'Union européenne, les grands dirigeants seront amenés à se pencher sur les humbles problèmes de la vie quotidienne des Européens : la présidence française a décidé de faire de ceux-ci l'un des grands thèmes du second semestre 2008. L'expérience montre qu'il va falloir innover, dans la méthode même, dans les procédures, dans l'esprit : les droits de la personne ne s'instituent ni ne s'appliquent comme les règles du commerce. Par leur expérience et leur savoir-faire, les remarquables spécialistes des barreaux français auront une contribution éminente à apporter en la matière.
Vis-à-vis de ses citoyens, l'Union européenne a suscité plus de rêves que de projets, plus de projets que de lois, plus de lois que d'applications concrètes. Il est temps de partir des réalités pour concevoir des politiques et des lois plus adéquates, au risque de revoir quelques projets et quelques rêves".
rappel : signé par Alain Lamassoure, député européen, ancien ministre Citer
"La mobilité des travailleurs dans l'Union est un instrument fondamental pour le développement du marché du travail au niveau européen. Elle permet de mieux équilibrer les manques et les surplus de main d'oeuvre et permet à un plus grand nombre de citoyens de trouver un meilleur emploi.
Travailler dans un autre pays européen donne aux citoyens l'occasion d'apprendre une nouvelle langue, de découvrir une nouvelle culture et d'acquérir de nouvelles compétences. De plus en plus de personnes ont pris conscience des possibilités offertes par la mobilité grâce à l'Année européenne de la Mobilité des Travailleurs de 2006 et souhaitent maintenant les exploiter.
Durant cette année, la Commission européenne a déployé des effors particuliers pour sensibiliser les travailleurs européens à leurs droits à la libre circulation, aux opportunités qui existent en la matière et aux instruments mis en place pour la promouvoir (le portail EURES, en particulier). Des échanges de bonnes pratiques relatives à la mobilité géographique et professionnelle ont été organisés et des analyses sur la coordination des régimes de sécurité sociale, les pensions, les flux de mobilité, les obstacles, ainsi que les motivations qui poussent les travailleurs à être mobiles ont été menées. Quelques uns de ces résultats se retrouvent dans le dossier spécial de ce numéro consacré au droit social européen.
Les enseignements de l'Année européenne ont mis en évidence un changement significatif des attitudes des Européens par rapport à la mobilité. Selon la dernière enquête Eurobaromètre sur l'emploi et les affaires sociales, trois européens sur quatre reconnaissent le caractère essentiel de la mobilité professionnelle dans le marché du travail d'aujourd'hui. Il existe donc une réelle demande. L'utilisation du portail EURES a considérablemen t augmenté et permet à présent d'accéder, dans 25 langues européennes, à plus d'un million et demi d'offres émanant des services publics de l'emploi nationaux de l'Union. Le portail EURES est devenu l'un des sites les plus populaires des institutions européennes avec un million de visiteurs chaque mois.
Le travailleur mobile a changé lui aussi : il est généralement plus jeune et plus qualifié, séjournant à l'étranger pour de courtes périodes. La mobilité est souvent liée à un retour au pays d'origine et attire de plus en plus de personnes sans emploi. D'après une étude Eurobaromètre, 59 % des personnes sans travail qui se sont rendues dans un autre pays y ont trouvé un emploi dans les 12 mois. Parmi celles restées dans leur pays d'origine, 33 % seulement ont trouvé un emploi.
L'année européenne a aussi montré qu'il subsiste des obstacles importants à l'émergence d'une véritable culture de la mobilité en Europe. A côté des facteurs traditionnels juridiques et administratifs – liés à la sécurité sociale et à la reconnaissance des qualifications – deux nouvelles catégories d'obstacles ont été mises en évidence en 2006 : les obstacles "pratiques" - liés au logement, à la langue, à l'emploi des partenaires et conjoints – et les obstacles "psychologiques" – notamment la question du retour et de la non-reconnaissance par les employeurs de l'expérience acquise dans le cadre de la mobilité.
En vue d'accélérer l'élimination de ces obstacles, la Commission a adopté en décembre 2007 un plan d'action pour la mobilité de l'emploi, couvrant la période 2007-2010. Cette communication s'articule autour de quatre grands axes. Elle vise tout d'abord à renforcer les règles de coordination de sécurité sociale et à simplifier leur administration ; ensuite à promouvoir la politique de mobilité auprès des autorités locales et régionales des Etats membres ; à positionner EURES comme LA plateforme qui aide les travailleurs et leurs familles à vivre la mobilité en Europe ; et enfin à mieux communiquer les opportunités et les défis liés à la mobilité.
Ce plan d'action est avant tout un appel au renforcement des efforts déjà entrepris dans ce domaine. La Commission invite toutes les parties prenantes et les autorités aux niveaux européen, national, régional et local, à s'engager activement afin de supprimer les difficultés que rencontrent les individus qui souhaitent travailler dans un autre pays de l'Union. Avec ce nouveau plan d'action, je souhaite que tous les travailleurs européens puissent vivre leur mobilité de manière positive et qu'ils deviennent ainsi des ambassadeurs de l'Union européenne !" Citer
Certains mots sont impossibles à poster à cause de cela.
C'est la seule solution. Ca n'a rien à voir avec les mots eux-mêmes, il n'y a pas de tabous ici. Les mots qui contiennent "se x" sont tous bannis pour ces questions purement techniques. Ca n'a rien de ridicule, c'est pour éviter les spams qui - très généralement - contiennent ce type de mots. Ce n'est pas homo qui ne passe pas, c'est le terme "se xuel".
Il n'existe aucune autre solution…
Bien à vous. Citer
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