to view content.Relancer l’Europe : une gageure ?
L’Europe est en panne. Relancer l’Europe est une nécessité. Mme Angela Merckel, chancelier allemand, propose un plan en vue de sortir l’Europe de l’ornière.
Que l’on ait voté OUI ou NON lors du référendum du 29 mai 2005 n’a plus d’importance aujourd’hui. L’objet de cet article n’est pas de relancer la campagne de 2005. Le NON a gagné. Dont acte. Laurent Fabius notamment nous promettait un plan B, on l’attend toujours. Et l’Europe est en panne depuis lors. « A cause des français », pensent nos partenaires, à tort ou à raison. Relancer l’Europe est une nécessité. Le président de la République qui a pris le risque de soumettre le projet de « constitution » au peuple expert en la matière peine à trouver un second souffle et l’Europe n’occupe, hélas, pas naturellement une place centrale dans le débat en vue des élections présidentielles. Que faire ?
La réponse se situe sans doute outre Rhin où Mme Angela Merckel, chancelier allemand, propose un plan en vue de sortir l’Europe de l’ornière.
Ce plan s’articulera en deux étapes. La première étape sera la déclaration de Berlin qui aura lieu vraisemblablement en mars ou avril 2007 et qui est destinée à « relancer les consciences ». Il s’agira d’une occasion de faire le point à un moment où les 27 auront tous accepté le traité à l’exception notable de la France et des Pays-Bas. La déclaration de Berlin sera un événement symbolique fort. Cette manifestation tombera en pleine campagne présidentielle et obligera tous les candidats et toutes les candidates à la présidence de la République à donner leur vision de l’Europe, à se prononcer sur le sujet. Non simplement comme ils le font trop souvent - à gauche comme à droite du reste – pour ne parler que de vagues principes et des pères fondateurs mais pour parler des institutions, du régime qu’il faut lui réserver (Europe fédérale ou Europe des Nations ?) et des missions qu’il faut lui assigner (Europe de quelques missions comme la PAC et le libre échange ou Europe plénipotentiaire ?). Que la déclaration de Berlin coïncide avec la campagne présidentielle française est une chance dans un pays où le débat sur l’Europe est trop souvent escamoté. Trop souvent l’Europe est vécue non comme la chance qu’elle représente mais comme la source de nos malheurs. L’incurie de quelques hommes et femmes politiques pour les questions touchant à l’Europe, à ses valeurs, aux missions qu’elle doit conduire et aux bienfaits qu’elle apporte est une des maladies qui atteint notre démocratie. Et la gauche française qui accuse l’Europe d’être « ultra-libérale », comme si ce terme était une avanie, ferait bien de se méfier de la défiance qu’elle crée dans l’opinion publique vis-à-vis de l’Europe. Et que la gauche cesse de nous parler d’une « Europe sociale », sans savoir d’ailleurs ce qu’elle mettrait derrière ce slogan, quand on discute d’un traité international. Si cela se décrétait, ce serait fait. Car l’Europe n’est pas la France et son fonctionnement sied aux autres peuples car ils la connaissent mieux que les français. Combien de français, même à Strasbourg, la capitale européenne, font réellement la différence entre Conseil de l’Europe et Union Européenne ? Même l’école ne parle pas vraiment d’Europe aux adolescents de notre pays.
Si on croit avoir fait le tour de la question avec le débat minable qui a eu lieu durant la campagne du référendum, on se trompe lourdement. Les débats ont tourné au vinaigre en un tour de main et l’on a cessé très vite de parler d’Europe pour focaliser sur la partie III du Traité (c’est-à-dire tout ce qui existe déjà à l’heure actuelle), de plombier polonais et du Premier Ministre qui disait avec l’inspiration qu’on lui connaît : « When the YES need the NO to win against the NO ! » (Je l’écris moi-même ça évitera de n’avoir que des posts là-dessus et je sais que cette phrase a beaucoup plu, à juste titre. Hommage donc.). Enfin, notons le avec le respect que l’on doit à M. Chirac, la déclaration de Berlin constituera sans doute de son baroud d’honneur sur la scène internationale. Ce n’est pas le moindre des paradoxes au demeurant.
La seconde étape du plan Merckel vise à trouver un texte de compromis qui devra être proposé aux Etats pour juin 2007. Compromis car il faut des institutions rénovées pour l’Europe de demain. Cette proposition a été formulée également par Nicolas Sarkozy. Les français n’ont d’ailleurs pas tant rejeté les parties I et II du Traité que la partie III, l’Europe existante. A partir de là, il faut évidemment réaliser des changements. Surtout des modifications institutionnelles, en dotant le Parlement de plus de pouvoirs, en dotant l’Europe d’un président fixe qui serait élus pour plusieurs années, en offrant la possibilité d’une vraie diplomatie communautaire sur les sujets qui la concerne. Peut-être d’une armée ? Il faudra sans doute abandonner la règle de l’unanimité qui est bloquante à 27 et n’encourage pas au compromis. Enfin pourquoi ne pas permettre une Europe à plusieurs niveaux et permettre à des groupes d’Etats d’aller plus loin dans certains domaines s’ils y voient un intérêt.
Il faudra, comme pour tout compromis, que les français fassent des concessions. Il ne s’agira pas du même texte que celui que les français ont rejeté. Mais la France serait bien imprudente d’oublier que le texte qu’elle a rejeté a été accepté par quasiment tous les autres pays.
Ce ne sera pas une mince affaire que de rédiger un texte de compromis. Mais le jeu en vaut la chandelle.
L’Europe le mérite, et nécessité fait loi !











Commentaires
Nous ne pouvons continuer à fonctionner avec ce traité de Nice qui fut un lamentable compromis et qui a plongé l'UE dans une léthargie sans précedent.
Un mini-traité qui ballaie les closes fonctionnelles urgentes est plus qu'indispensable. Citer
d'Europe libéral c'est que l'Europe au niveau où il est elle n'est ni social ni libéral , et il y a encore de la marge.
Et même si elle devait l'être l'un ou l'autre ce serait la volonté du peuple europeen à travers ses législatives europeene et les éléctions de leurs présidents accédants à la présidence de l'union.
Donc je vous affirme que 100% des gens qui on critiqué l'Europe libéral,sont de piétres politiques puisqu'ils ont perdu les derniere législative.Ceux qui vous parlent qu'ils veulent une europe social ,sont aussi qu'ils ont perdu leur dernière éléction . Citer
Les citoyens ont bien souvent en tête les déboires des pays de l'UE à parler d'une même voix pour la question iraquienne, ou encore les banques allemandes devant racheter l'Euro avant qu'il soit en circulation pour évitter une dévaluation…que de points négatifs! Mais il est honteux d'oublier tous les bienfaits de l'UE sur la France, et ce n'est pas nos agriculteurs qui diront le contraire (même s'ils sont les premiers à râler contre la PAC, j'ai eu récemment l'occasion de voir un bilan comptable d'un agriculteur alsacien, et je peux vous dire que la PAC leur offre une belle place au soleil). Comment parler de la croissance de la France au long du dernier siècle et de l'évolution du pouvoir d'achat sans y rattacher les énormes flux commerciaux avec nos pays voisins de lUE. Peut-on penser une seule seconde que l'Europe ait un jour été un boulet pour la France? La réponse est non, et il serait bien triste de penser le contraire.
Alors oui, aujourd'hui il est nécessaire que tous les français se sentent européen et apprennent ce qu'est réellement l'UE. Peut-être en laissant la possibilité aux français de prendre part à la vie de l'UE (un referendum de temps en temps n'est pas suffisant).
La présidence de l'Allemagne est peut-être une chance pour la France: notre grande coopération avec ce pays pour toutes les questions européennes doit nous permettre de travailler avec eux main dans la main. Citer
Il ne faut pas voir les nouvelles adhésion uniquement en terme de "nouveaux marchés" mais aussi prendre en compte les nécessités des nouveaux entrants.
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Il y a deux Europes, le Conseil de l'Europe qui s'occupe essentiellement mais pas uniquement des Droits de l'Homme d'une part et l'UE qui s'occupe essentiellement d'économie, de libre circulation des personnes, de justice, de sécurité et d'environnement. Ne demandons pas à l'une de faire complètement le travail de l'autre. Ceci dit, une charte des droits fondamentaux opposable ne m'apparaît pas inutile pour l'UE.
Les nouvelles adhésions ne sont pas que des nouveaux marchés, vous avez raison. Mais eux le vivent comme ça. Interrogez les citoyens des pays nouveaux entrants, ils vous parlerons de la chance économique que représente l'europe. Citer
Ca ne saute pas aux yeux. Citer
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