En nommant Herman VAN ROMPUY à la présidence du Conseil Européen (et non de l'Union Européenne comme cela est dit partout !), instance réunissant les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept, l'Union Européenne vient de mettre en œuvre l'une des réformes majeures prévue par le traité de Lisbonne, enfin ratifié par tous les Etats membres et qui rentrera en vigueur le 1er décembre prochain. Le Premier Ministre belge va donc inaugurer une nouvelle fonction au sein de l'Union, puisque la présidence du Conseil Européen était jusqu'alors tournante tous les six mois.

Ce facteur de stabilité est incontestablement une bonne chose, permettant à une personnalité d'organiser les travaux du Conseil Européen et mettant fin à la pratique de la troïka consistant à travailler à trois (Président précédent, Président actuel, Président suivant) afin d'assurer un minimum de continuité entre les dossiers.

Cependant, cet enthousiasme doit être relativisé et de très grosses réserves peuvent être émises suite à ce choix :

- Premièrement, la procédure a été totalement opaque puisque les noms des candidats n'ont pas été rendus publics, tout comme le déroulement du vote effectué par les Etats.

- Deuxièmement, Herman VAN ROMPUY, récent chef du gouvernement belge et dont la notoriété ne dépasse guère celle de son pays, aura-t-il la capacité « d'incarner l'Europe » auprès des peuples européens et dans le monde ?

- Troisièmement, la présidence tournante du Conseil Européen assurée tous les six mois par un autre Etat membre ne disparaît en aucun cas. Ce « président stable » n'est qu'une strate supplémentaire dans l'architecture complexe du pouvoir européen, avec le président de la Commission. En clair, ce président a plus des allures de Secrétaire Général que de véritable Président. Il sera chargé de coordonner l'action entre les présidences tournantes, plutôt que de réellement prendre des décisions.

- Cela nous amène au quatrième point, à savoir que cette procédure marque le grand retour des Etats au sein de l'Union Européenne, alors que le traité de Lisbonne (inspiré par le feu traité constitutionnel) devrait aller vers davantage d'approfondissement, donc « moins d'Etat ». Herman VAN ROMPUY a été nommé par les Vingt-Sept et non par le Parlement ou le peuple directement. En ce sens, il n'est que le délégué des Etats (et surtout des gros) et non leur supérieur hiérarchique.

Au grand dam des fédéralistes, mais à la plus grande joie des souverainistes, cet épisode prouve une fois encore que, depuis 1957, les véritables maîtres de l'Union Européenne sont et resteront les Etats.

Charles SITZENSTUHL
Membre du Bureau des Jeunes Populaires

Commentaires  

 
#1 jerome 2009-11-23 15:32 Avec une présidence du Conseil Europeen donnée a un Belge nous sommes assurés de garder encoré longtemps le Parlement Europeen a Strasbourg… (sic)
Barnier et Veil ne le disaient ils pas déjà : le Parlement Europeen n'a pas vocation a rester a Strasbourg…
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