Frédérique Loutrel : à l'écoute ici, écoutée là-bas (1ère circonscription)
Depuis 2002 en Alsace, le ciel est bien évidemment bleu et le score de Nicolas Sarkozy ne laisse guère la place à d’éventuels nuages. Pourtant depuis dix années, la première circonscription reste à gauche, une couleur rose que l’on croirait presque indélébile.
Avec Frédérique Loutrel, le changement pourrait bien être imminent...
Il faut dire que le député PS sortant, Armand Jung, est toujours de sortie. Chaque rassemblement dans la première circonscription donne lieu à l’une de ses visites. Il sert des mains, il papote. Tout le monde l’a vu, il rentre chez lui. Bref une proximité de courtoisie qui considère une élection comme une fin et non comme un moyen.
Car le rôle du député n’est pas de boire le verre de l’amitié. Il est avant tout le représentant au niveau nationale des préoccupations des habitants d’une circonscription . Et en l’occurrence, si tous les chemins mènent à Rome, le député Jung n’a jamais vraiment trouver celui de Paris.
De fait, son bilan parlementaire est tout simplement squelettique. Le magazine l’express de septembre 2006 (www.lexpress.fr/info/france/dossier/assembleenat/dossier.asp?ida=451849) le place d’ailleurs dernier député du Bas-Rhin avec 6 interventions quand d’autres comme Yves Bur en compte 117.
La grandes majorité des propositions de Lois qu’il prétend avoir défendu à l’Assemblée (cf son document de campagne) ne sont en fait que des textes pensés et réalisés par d’autres députés PS. Son rôle a consisté à les co-signer. Trop dur.
Bref, les habitants de la première circonscription n’existent pas à Paris. Leur député est virtuel. Dix années pour rien.
Mais ce n’est pas tout ! La première circonscription compte aussi d’autres candidats notables : parmi eux, la candidate du MoDem, Chantal Cutajar et la dissidente de l'UMP Martine Calderoli.
Mme Cutajar a fait la campagne de Bayrou sur la thématique d’un exécutif ouvert. A l’évidence, la formation du gouvernement Fillon a dû lui ôter quelques précieux arguments. Désormais, son credo est de se poser en femme libre qui dira oui ou non quand cela lui semble nécessaire. Pourtant il ne s’agit pas seulement d’être libre, mais aussi d’être efficace. On ne voit guère comment un électron libre puisse déposer une proposition de Loi qui soit votée par l’Assemblée.
Martine Calderoli est une dissidente de l’UMP. En fait elle a brigué l’investiture de l’UMP et ne l’a pas obtenue. Frustrée (selon les DNA) elle aurait alors décidé de se présenter et par conséquent de créer la division à droite. La gauche n’en attendait pas mieux.
Voilà donc une personne qui se dit prête à voter la Loi et mais guère enclin à respecter au préalable les règles de son mouvement politique. Cherchez l’erreur…
Nous arrivons donc à Frédérique Loutrel et si nous la soutenons c’est d’abord pour deux raisons :
Premièrement, parce qu’elle sera une députée à l’écoute des préoccupations des habitants de la première circonscription. C’est une personne issue d’un milieu modeste, jeune et dynamique. Directrice de l’AFIJ (une association pour la réinsertion professionnelle des jeunes), elle est tout particulièrement au fait des questions concernant l’emploi. De même son sens de l’écoute et son action de terrain en font une conseillère municipale très appréciée des Strasbourgeois. Autant de qualités qui lui valent le soutient sans faille de Fabienne Keller et Robert Grossmann.
Deuxièmement, parce qu’elle fera partie de la majorité présidentielle, Frédérique Loutrel sera une députée écoutée par Matignon. Elle sera le trait d’union entre les préoccupations des habitants et le gouvernement, c'est-à-dire ceux qui ont le pouvoir de changer les choses. Elle ne se cantonnera pas dans une opposition stérile comme le ferait un député PS.
C’est pour cela que les habitants de la première circonscription vont voter pour Frédérique Loutrel : ils veulent une députée qui parlent de leurs problèmes à ceux qui peuvent les résoudre.











Commentaires
Je relis les arguments du représentant sur ce blog de la gauche mauvaise perdante, et je m'aperçois que non seulement Macraptor fait le raccourci entre le score de premier tour des présidentielles et le résultat final des législatives mais, quand il daigne parler du sujet lui-même, à savoir les législatives, il déduit du score du premier tour le caractère scandaleux du nombre de députés UMP à la fin du scrutin. Là aussi, tu procèdes à un fichu raccourci. C'est à l'issue du second tour que les français auront désigné un certain nombre de députés UMP qu'ils auront choisi nommément. Ton ratio 40% de voix- 70% de députés ne tient pas! Pour toi il n'y a visiblement qu'un seul tour qui soit caractéristique , c'est le premier tour des présidentielles . A partir de ce score il suffit de faire des calculs absurdes pour automatiquement pouvoir s'indigner des résultats. C'est un peu court. La démocratie française ne fonctionne pas sur ce schéma tronqué. Et c'est heureux.
Sur la question que tu poses, elle reste dans un schéma de scrutin uninominal. Parce qu'avec un scrutin de liste, il n'y a pas besoin qu'il y ait des représentants issus de toutes les actuelles circonscription s qui d'ailleurs disparaissent avec le scrutin de liste. De sorte qu'à l'Assemblée, il pourrait très bien n'y avoir aucun Bas-Rhinois par exemple, en fonction de l'influence qu'ont les sections locales au sein du parti qui peut placer les gens en position éligibles, difficiles ou impossibles ou ne pas les retenir sur la liste. A l'heure actuelle, dans notre département il n'y a que des gens du cru. La proportionnelle favorise ceux qui sont les plus proches de la tête des partis quand l'uninominal favorise ceux qui sont proches du peuple. Voilà pourquoi ils représentent mieux leurs compatriotes, parce qu'ils ont été choisi parmi eux. Ce sont les partis qui siègent avec la proportionnelle , pas des représentants du peuple.
Pour y répondre tout de même c'est une co-décision, système assez complexe qui laisse sa place à l'échelon local.
Autre exemple, avec la proportionnelle , tu ne peux pas prendre le contrepied de ton groupe à l'Assemblée (ce qui arrive plus souvent qu'on ne le pense). Pour le coup tu n'as que des godillots. Parce que si tu fais trop le malin, le coup d'après tu n'es plus sur la liste. Alors qu'actuellement si tu es très bon localement, les gens te renouvelleront leur confiance, et Paris ne peux rien faire. Tu veux un exemple? Si Alain Ferry (pour faire plaisir à Max)avait fait, dit et voté comme il l'entendait, contre les projets etc… Si la direction nationale de l'UMP n'avait pas été contente de lui, elle devait quand-même lui renouveler l'investiture, parce qu'il était certain qu'il serait élu au premier tour, parce que c'est un excellent député. Dans le scrutin de liste, il n'y est pas. Et ce serait dommage pour le pays.
Je ne multiplie pas les exemples, chacun aura compris que je tente de prouver ce que tu te contentes d'affirmer en traitant ceux qui ne pensent pas comme toi de comiques troupiers. Citer
En tout cas, pour ma part, je n'ai jamais dénigré cette proposition. Vous pouvez chercher autant que vous voulez, vous ne trouverez pas une seule phrase dans laquelle je m'oppose à cette idée de la proportionnelle . Ce serait vraiment contradictoire car j'ai toujours été favorable au scrutin proportionnel et j'ai toujours été opposé au scrutin uninominal.
"C'est un peu comme la majorité qui n'est représentative et respectueuse du pluralisme que quand elle est de gauche…" : Max, je crains que vous ne m'ayez pas bien compris. Je ne parle pas de la majorité mais de l'écrasante majorité. C'est bien la première fois que 70 % de la chambre basse sera d'un même parti. Ce n'est pas le pluralisme et je trouve cela très malsain. En clair, le président va maintenant croire qu'il pourra faire ce qu'il veut ou presque pendant cinq ans. Il faut de l'opposition. Il faut que d'autres partis soient représentés à l'Assemblée pour que notre démocratie respire et pour que les débats se déroule dans un minimum de diversité.
@ Nico : je n'ai pas encore lu ton dernier commentaire mais je vais le faire de ce pas. Hier tu me parlais des exemples britannique et américain. Je ne sais pas si on peut vraiment comparer. Outre l'organisation institutionnell e qui est différente de celle de la France, il y a dans ces deux pays une caractéristique qu'on ne retrouve pas chez nous : LE BIPARTISME. Donc, à un moment donné il faut savoir ce que l'on veut : ou bien on souhaite le bipartisme ou bien on souhaite préserver le multipartisme. Pour ma part, c'est clair, net et précis : je choisis la seconde option.
Aux Etats-Unis (parti démocrate et parti républicain) comme au Royaume-Uni (parti travailliste et parti conservateur), il y a deux formations politiques qui dominent et, bien qu'il en existe d'autres, ces dernières sont très très marginales et ne pèsent rien ou presque. Il faut préserver la diversité politique, comme ce que le gouvernement actuel fait avec son "ouverture" (à moins que tout ceci ne soit que de la poudre aux yeux ??!) et comme le parti socialiste l'avait fait avant lui avec la gauche plurielle et même avec certains membres de l'Udf en 88. Par contre, en ce qui concerne les gouvernements Raffarin et de Villepin, on ne peut pas parler d'ouverture car mis à part de Robien (qui n'était pas tout à fait de l'Udf non plus ou bien, pour être plus clair, qui était un Ump déguisé en Udf), tous les ministres étaient de l'Ump sans exception. Citer
Peut-être que le mot comique-troupier était mal choisi. D'ailleurs, j'ai cherché à en choisir un qui était plus adapté mais je n'en ai pas trouvé. C'est vrai que ce n'est pas percutant. Mais comique-troupier n'est pas une injure. Comique-troupier n'est sûrement pas une insulte. A vrai dire, ce mot est plutôt sympathique et il ne faut pas mal le prendre. Venant de moi, c'était plutôt amical et la volonté de te blesser était totalement absente de ma pensée quand j'ai tapé sur le clavier à ce moment-là.
J'en reviens maintenant au débat proportionnelle / uninominal.
Je suis au courant qu'il y a un second tour (enfin pas chez moi…) et je ne suis pas pessimiste en invoquant le chiffre de 70 %. Je me base simplement sur des projections (pas sondages, projections) qui donnent 70 % des sièges à l'Ump. Peut-être que ce sera même un peu plus, peut-être un peu moins, ce que j'espère.
Je rapporte les élections législatives à la présidentielle car cette dernière s'est déroulée il y a à peine plus d'un mois. Je sais que l'enjeu n'est pas le même et j'ai bien pigé que ces deux élections n'ont pas le même rôle dans le système instutionnel français. Mais quand même ! Si on reprend l'exemple de Bayrou, il n'y a pas photo : les 18 % d'électeurs qui avaient voté pour lui seront représentés par…4 députés au grand maximum ! Je sais que je radote mais c'est important, ça montre bien que notre mode de scrutin n'est pas du tout représentatif et avantage nettement les grands partis, en particulier celui de la majorité présidentielle. Crois-moi, j'essaie d'être objectif en disant cela et j'ai d'ailleurs reconnu qu'en 88 c'était pareil mais à l'envers.
Je répète : le scrutin proportionnel, même s'il a des inconvénients que le scutin majoritaire n'a pas, a au moins un avantage et il est de taille : c'est le plus représentatif des forces en présence. Et à mon humble avis, s'il y a bien une qualité qu'un mode de scrutin doit avoir, c'est celle-là. Même si ça bénéficierait au Front national, je le dis quand même. Je n'ai pas envie de faire un raisonnement mathématique pour démontrer cela car de toute façon tu me répondras que la politique ce n'est pas des maths et je serais d'accord. Cela dit, si on compare le nombre de siège (qui seront donc connus dimanche soir) pour chaque parti avec le nombre de sièges qu'auraient obtenus les différents partis si le scrutin était celui de la proportionnel, on s'aperçoit que c'est toute une portion de la population qui n'est pas représentée (que ce soit la LCR, le FN, LO ou des groupuscules), alors qu'une autre portion est sous-représentée (MoDem) et dans le même temps, la portion la plus large est incontestableme nt surreprésentée (l'Ump naturellement mais aussi le PCF). Est-ce normal ? Je pense que non. Il y a une perversion de notre mode de scrutin et, là encore je me répète, on le voit bien en calculant le nombre de députés qui avaient voté "non" au référendum du 29 mai 2005, bulletin qui était sorti des urnes. L'Assemblée nationale a vocation à représenter toutes les sensibilités politiques de France, pas seulement les traditionnels "partis de gouvernement". Enfin, une fois n'est pas coutume je me répète, on ne peut pas comparer avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis (où il y a bien deux groupes parlementaires) car là-bas, le bipartisme est installé depuis belle lurette. Citer
Flux RSS pour les commentaires de ce poste.