Juste une illusion
Accueillie par toute la nomenklatura socialiste bas-rhinoise en allant de Catherine Trautmann à Roland Ries, et en passant par Armand Jung et Jacques Bigot, Ségolène Royal inaugurait dans la banlieue de Strasbourg son nouveau concept : les débats participatifs.
Débat car ça fait toujours bien, même si c'est un semblant de débat. Participatif car la démocratie participative est apparemment une idée à la mode, et, on le sait, Ségolène Royal surfe sur la vague de la mode.
Mais bon, ne vous y trompez pas, rien de fracassant, rien de tonitruant, rien de révolutionnaire. Ce débat participatif sur le thème de l'emploi n'était rien d'autre qu'un meeting politique en bonne et due forme. Mais comme Mme Royal en a pris l'habitude, il est vrai que c'est toujours plus élégant de faire croire aux gens qu'on est là et qu'on les écoute.
La candidate socialiste était assise et prenait scrupuleusement en note - sous la dictée de son assistant (sic) - les doléances des intervenants.
Ces intervenants, parlons-en justement. Comment expliquer que l'animateur de la soirée, Jacques Bigot, connaissait point par point ce qui allait être dit ? Et les seuls fois où quelqu'un d'inconnu intervenait, on le sommait de finir sa question dans les plus brefs délais. Est-il normal que sur le thème de l'emploi, justement dans une soirée qui se devait d'être un débat, nous eûmes juste affaire à des ouvriers, des syndiqués ou des chômeurs ? Où étaient les patrons ? Ont-il été conviés ? Pour la représentativité, on passera.
Ce débat était un pseudo débat, biaisé et lamentablement partial.
Et j'oubliais de vous dire que Mme Royal n'a pas pris une fois la peine de répondre, laissant le soin de le faire à MM. Bigot, Ayrault et Emmanuelli. La politique n'est pas seulement affaire de beaux discours, mais aussi de terrain, de proximité. Le débat c'est un échange de question-réponse du tac au tac et où l'intéressé devrait prendre l'amabilité de répondre à ce qu'on lui pose. Ce n'est pas un enchainement de questions où la réponse est déjà dans la question.
Passé ce simulacre de débat, le discours tant attendu arrivait enfin.
Timbre de voix monocorde, ambiance loin d'être surchauffée, l'ennui était palpable. D'autant plus que le discours ne répondait en rien aux questions précédemment posées, que les propositions se comptaient sur les doigts de la main et qu'on enchainait banalités sur banalités.
Et à l'image d'un Besancenot, car on avait rencontré des salariés menacés de licenciement dans l'après-midi, il se fallait bien de critiquer le méchant MEDEF et le vilain gouvernement qui sont tous à l'origine de tous les maux de la France.
Par contre, aucune explication sur les trente-cinq heures et la hausse des impôts dans toutes les régions socialistes de France. On se demande pourquoi...












Commentaires
Et personnellement je trouve que c'est un peu facile comme argument, d'autant plus que ce ne sera pas facile de prouver que des instruments tels que ceux dont nous parlons ici sont manipulés.
"Faire du chiffre"? Allons soyons serieux… Il me semble que l'argument est faible: la règle serait donc de minimiser la majorité des faits pour dire que la delinquance est plus faible qu'avant? alors qu'en parrallele on entend dire que la police fait du zele?
Une fois de plus cela me parait fort contradictoire… Citer
Nicolas, vous savez quoi ? J'ai lu sur le blog de monsieur Gagnon que vous savez répondre comme il se doit et que vous assurez à max !
—> Vous pouvez m'appeler Grégoire … Citer
Donc la police minimise volontairement les faits pour dire que la delinquance a baissé? vous soutenez donc que la police ne fait rien contre les delinquants pour que la delinquance baisse…
Je me permets de vous reposez ma question: que repondez vous alors à ceux (forts utopistes ou irréflechis, voir les deux) qui accuse à longueur de journée la police de "faire du zele" et de tout faire pour arreter des gens, "meme s'ils n'ont rien fait", le tout pour "faire croire que la police agit"??
Je precise que ceux qui tiennent ce discours n'ont d'autre but que de jeter le discrédit sur la police et les policiers, ce qui est à mon sens un comportement irresponsable et inconscient!
Citer
Citer
c'est bien de faire la pub de la Droite Strasbourgeoise mais ils savent très bien le faire eux-mêmes. Ils sont assez présents sur la blogosphère pour cela et j'ai lu le passage que vous citez là. Ils sont adeptes de Maurice Dantec, libre à eux. Quant à moi, personnellement , je trouve mon inspiration ailleurs. Tout comme vous j'imagine. Cet écrivain nourrit une aversion totale à l'endroit de Nicolas Sarkozy et tout lui semble bon pour le vomir. Comme il vomit beaucoup de gens au demeurant. On croise peu d'intellectuels aussi désabusés, déprimés peut-être et en tout état de cause aussi misanthrope. Alors il justifie son aversion pour N. Sarkozy comme il le peut. Ce qu'il écrit n'est en tout cas pas parole d'évangile, c'est sa version. Tout prouve l'inverse mais il se complet dans son choix. Il n'est jamais aussi (presque)heureu x que dans la négation des réalités, dans le contre courant total. Cette fois c'est dans la politique du Ministre de l'Intérieur, une autre dans le désamour de la France, une autre fois dans la haine de la démocratie telle qu'on la pratique en occident… etc…
Marc, si j'étais vous, je ne citerai pas du Dantec. Il vous correspond peu. Je le dis avec tout le respect que j'ai pour la Droite Strasbourgeoise (à qui il sied bien plus qu'à vous de se référer à cet écrivain et à qui on ne peut pas le reprocher car c'est évidemment une approche philosophico-politique tout à fait valable).
En somme, pour définir la profonde substance de la pensée, je dirai à l'instar d'une candidate en écharpe blanche qu'il faut tendre le plus possible vers la bravitude, en cela comme en toute chose. LOL.
Bravitude!!! Bravo Mme Royal!!! Un petit cours de français de temps en temps vous ferait le plus grand bien. Citer
"Tout comme vous j'imagine" : il va sans dire que je ne lis pas Dantec mais je dois avouer que sur cette phrase, il a raison.
"Ce qu'il écrit n'est en tout cas pas parole d'évangile, c'est sa version" : évidemment, ce n'est pas une parole d'évangile mais je partage cette version.
"Marc, si j'étais vous, je ne citerai pas du Dantec. Il vous correspond peu" : oui, c'est vrai mais vous savez, je ne suis pas sectaire et quand quelqu'un dit quelque chose que j'approuve, je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas m'en référer. On parlait justement du sujet qu'il évoque et je voulais vous montrer que même à droite, certains sont perplexes quant aux chiffres annoncés par le ministère de l'Intérieur. En fait, ce n'était pas la peine puique vous l'aviez déjà lu. Vous savez, je ne sélectionne pas les auteurs selon leur tendance politique et il m'est d'ailleurs déjà arrivé de citer…Alain Finkielkraut sur l'ancien blog du FNJ67 ! Citer
Notre ancien premier ministre ferait bien, quant à lui, de prendre des cours d'anglais parce que "wind the yes need the no to win against the no" c'est un peu moyen. Et là, je doute que c'était de l'humour.
PS : Grégoire, merci de m'avoir remémoré cet épisode raffarinesque ! Citer
Sur Jean-Pierre, ce n'était pas de l'humour non plus. Mais avouez que nous avons tous beaucoup ri. Si je puis me permettre, c'était "WHEN the yes need the no to win against the no". Je me suis passé la bande un nombre incalculable de fois avec des amis un soir et on en est arrivé à la conclusion que ce n'était pas win (gagner) ni wind (le vent). Ni wine, bien qu'il est probable qu'il en eusse consommé peu de temps avant de prononcer sa phrase fétiche. Citer
Flux RSS pour les commentaires de ce poste.