Absentéisme scolaire : quelle réponse ?

C’est un sujet en vogue depuis quelques semaines, mais c’est en réalité un mal qui nous gangrène depuis plus longtemps… Trop d’élèves s’adonnent aujourd’hui, dans notre système scolaire, au petit jeu de l’absentéisme récurrent et, bien souvent, injustifié.
Pour y remédier, des solutions avaient déjà été évoquées. Voilà une quinzaine de jours, Martin Hirsch proposait de tenter de gratifier les élèves les plus assidus, approuvant ainsi l’initiative d’une Académie souffrant particulièrement dudit phénomène. Soyons clairs, cette proposition ne me semble pas judicieuse. Elle est contraire aux conceptions que nous défendons habituellement, tant s’agissant de l’école au sens de l’institution qu’elle représente que de la notion de mérite.
Pouvoir profiter aujourd’hui d’une école libre et gratuite, ouverte à tous, c’est une chance qui reste encore ignorée dans certains Etats. Mais la scolarisation jusqu’à l’âge de 16 ans, c’est aussi et surtout une obligation. Si, demain, nous en arrivons à gratifier tous ceux qui respectent leurs devoirs ou, pire encore, s’il faut payer pour ne pas que ceux-ci soient transgressés, il nous faudra, après demain, nous résoudre à payer pour faire respecter la loi. L’école au sens d’institution en prendrait, il faut bien l’admettre, un sacré coup, quand bien même il s’agirait de financer avec cet argent des voyages scolaires ou des stages de code de la route ! Le Président de la République lui-même s’en est d’ailleurs vraisemblablement rendu compte, se prononçant il y a peu contre cette initiative.
Pour autant, l’absentéisme, il est vrai, tend à devenir un fléau et, malheureusement, frappe encore plus durement les parties de notre territoire où l’on a, plus encore qu’ailleurs, besoin de l’école. De fait, ignorer le problème serait un non sens, et il faut laisser à Martin Hirsch le mérite d’avoir relancé un débat qui semblait une fois encore enterré.
Et pour cause, il ne serait que temps de s’en préoccuper réellement et d’instaurer de réelles mesures pour y remédier. En ce sens, Xavier Bertrand a opportunément rappelé ces derniers jours qu’un dispositif adapté a déjà été adopté par le législateur, en ce sens qu’il permet de réduire les prestations familiales versées aux familles dont les enfants se font remarquer par un absentéisme trop régulier. Une mesure qui semble bien plus appropriée que celle exposée ci-avant, puisqu’elle vise non pas directement à pousser les élèves, mais bien plus à responsabiliser leurs parents. Ces derniers ne sont-ils pas, après tout, les premiers garants de l’éducation de leurs enfants et les premiers responsables de leur activité quotidienne ? C’est à eux, avant tout, qu’il incombe de s’assurer que ces derniers se rendent chaque matin dans leur établissement scolaire, et qu’ils aient bel et bien saisi l’intérêt que cela revêt. Mieux encore, les parents d’élèves qui en arriveraient à être sanctionnés se verraient ainsi attraits à plus d’investissement dans le parcours scolaire et les choix d’orientation de leurs enfants, domaines dans lesquels le corps professoral appelle souvent à une plus grande présence parentale.
Voila donc une mesure qui non seulement existe déjà dans notre arsenal juridique, et qui pourrait être appliquée si l’on s’en donnait la peine, mais qui, de plus, apparaît comme bien plus en concordance avec les valeurs que nous défendons habituellement et avec les obligations qui sont, en règle générale et par principe, celles des parents. Reste encore à savoir si elle est concrètement mise en œuvre dans les cas qui appellent son application …












Commentaires
Je vois déjà tourner en boucle les réactions indignées et populistes de nos amis de gauche, médias et show-bizz, prenant la défense de ces pauvres gens qui n'ont pas les moyens d'une éducation décente… On se souvient tous du débat sur la possible suspension des alloc' !
Mais tu as tout à fait raison maxime : on demande à l'État de trouver une solution pour parer aux défaillances des parents.
J'aimerai tout de même que l'on se pose la question de notre système scolaire : n'a t-on pas volonté de scolariser à outrance nos têtes blondes ?
Il faut aujourd'hui, en moyenne 3 à 4 années de plus d'étude pour exercer le "même" poste qu'il y a trente ans. Pour rebondir sur l'article d'Arnaud : ça coute un max !! Citer
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