L’Erreur ?
Il est 19 heures et ils n'en croient pas leurs yeux. Leurs mains en tremblent, leurs coeurs palpitent : «Il l'a fait...l'Erreur !».
Tout un microcosme journalistique s'active, et pour cause : cela faisait bien plusieurs mois, voire plusieurs années qu'ils l'attendaient au tournant - Et ça n'a pas raté - A la lecture de Marianne, Libé et autres journaux «fair and balanced», le coureur qui endosse le maillot jaune depuis quatre années serait sur le point de chuter. C’est bien depuis les tribunes des plus grands journaux français que beaucoup prennent un malin plaisir à lui mettre des bâtons dans les roues.
Car le Cliché tant attendu vient de tomber – et c'est la stupeur dans la rédaction – «Montoire ! C'est la poigné de main de Montoire !» - Non c'est l'«axis of evil, le pacte maléfique !».
Bon, je l’admets, cette vision du journalisme est quelque peu caricaturale… Toutefois, considérer que cette poignée de main fut ressentie par les journalistes, et plus généralement les Français, comme une erreur est loin de relever de l’hérésie. Le PS n’a d’ailleurs pas manqué de sauter sur l’occasion et de railler le «rallier».
Il s’agit ainsi d’aller au delà de ce cliché et de mettre en exergue les conditions dans lesquelles cette prétendue «lune de miel» entre Nicolas et W. aurait eu lieu.
Le ministre de l’intérieur se rendit aux Etats-Unis afin de participer aux commémorations du 11/9. Il s’est alors entretenu avec le secrétaire américain à la sécurité intérieur Michael Chertoff. C’est finalement lors de cette dernière rencontre que le Président Bush, comme il le fait régulièrement à ces occasions, s’est joint aux discussions entre les deux interlocuteurs. Finalement, loin de la poignée de main officielle échangée sous les feux des photographes, l’on assiste en fait à une rencontre informelle.
Parmi les propos qui y furent tenus par Nicolas Sarkozy, une phrase a retenu toute mon attention :
«Mon attachement à la relation avec les Etats-Unis est connu, il me vaut parfois des critiques en France. Je ne suis pas lâche (...), je suis fier de cette amitié (...), je la revendique».
La polémique qu’a suscitée ce cliché était bien prévisible. Il est clair qu’apprécier les Etats-Unis ne semble pas être un atout pour un candidat à la présidentielle. De fait, l’opposition à cette hyper-puissance serait un gage de courage, de ténacité pour ne pas dire de bravoure aux yeux du peuple Français.
Certains semblent donc utiliser ce désamour des Etats-Unis à leurs avantages. On peut par exemple clairement avoir le sentiment que la politique étrangère de Jacques Chirac n’est pas tournée vers ses voisins, ses alliés ou amis. Elle constitue en fait un formidable outil diplomatique tourné vers le peuple Français. Les affaires étrangères semblent donc vouées à asseoir la stature du Président Français… non pas à l’échelon international mais national.
Finalement on en arrive à un hiatus entre un discours officiel inutilement abrasif et une coopération qui fonctionne parfaitement. Cette «schizophrénie» entre nos actes et nos paroles est saillante. Nos différents ne relèvent finalement que de la façade, de la stature et de la mise en scène.
Il est vrai que les français aiment De Gaulle et beaucoup d’hommes politiques tendent à s’en inspirer. Toutefois, à défaut de résister seul contre tous, de poser les bases de la sécurité sociale, de prôner un régime institutionnel stable ou de demander l’avis des français et d’en tirer toutes les conséquences, ils en viennent finalement à jeter leur dévolu sur cette sempiternelle critique de l’allié américain. Bref une vieille ficelle… usée jusqu’à la corde !
Même si ce n’est pas le Président des Etats-Unis que les Français auraient souhaité voir triompher, Nicolas Sarkozy a serré la main et tenu un discours amical à Georges W. Bush, le premier représentant d’un pays allié. Etait-ce là une erreur ?











Commentaires
Zelie, Nicolas SARKOZY a declaré hier lors de la signature du Pacte écologique qqu'il était intolérable que certains Etats en particulier les Etats UNis ne respectent pas le protocole de Kyoto… Citer
Les deux dernières citations de nos amis de gauche, ça a un petit goût de marx brothers, je les trouve assez sympas. Par contre, celles de Sarko, ce genre de sentences surpuissantes pseudo philosophiques aussi vides qui profondes (dont Ségo est également une grande spécialiste, cf les deux citations que vous donnez ici, et bien d'autres- "je suis une femme debout",…) qui enfoncent des portes ouvertes, ca fait très film d'action patriotique avec moults violons et forces drapeaux, pop corn et larme à l'oeil quand le gentil héros meurt, etc. Quant aux risques que prend Sarko, et en général tout homme politique d'envergure d'un grand parti, soyons sérieux: il risque quoi au juste, il se passe quoi s'il se loupe? Il se retrouve à la soupe populaire? Il est acculé à une vie misérable? Non, il retrouve son confortable poste de maire rééligible à vie, et il achève (probablement) une carrière politique rondement menée à la retraite des dinosaures, i e le sénat. Alors que ce type et ses partisans arrête de faire l'éloge du grand aventurier Sarko qui risque tout, c'est profondément énervant.
PS: Vous l'avez deviné, je ne suis pas le plus chaleureux des supporters de Sarkozy, j'espère tout de même que vous ne me massacrerez pas trop! Citer
Je note que vous avez un peu le sens de l'exagération. Quand on dit que Nicolas Sarkozy prend des risques ce n'est pas pour dire qu'il est soit président soit sans logis. C'est qu'on considère qu'il a été le seul à faire autant bouger la politique ces 20 dernières années. Dans un pays un peu sclérosé, où agir est plus dangereux pour un responsable politique que de ne rien faire (je vous donnerai l'exemple de Jack Lang qui a été le ministre de l'Education Nationale le plus populaire parce qu'il n'a rien fait), nous avons un type qui s'appelle Sarkozy, qui accèpte le poste ministériel le plus complexe, qui agit fortement, qui est omni présent sur le terrain, qui obtient d'excellents résultats, qui est à l'origine de tous les grandes questions, les grands débats du quinquennat (pouvoir d'achat, question religieuse, immigration, etc…). Et aujourd'hui il est le seul candidat qui a un vrai programme et qui le propose au français. On attend toujours Bayrou, Royal et les autres sur les grands dossiers. Royal s'agite mais il ne lui reste que 6 jours pour bricoler un simili de programme. Bayrou, on a bien compris qu'il déteste la présentatrice du JT de TF1 mais quoi d'autre? Le Pen toujours égal à lui-même c'est-à-dire méprisable.
En terme de prise de risque, M. Sarkozy sort du lot tout de même. Citer
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