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Fév
03

Moraliser le capitalisme

 

Christine Lagarade au WEF

 

 

 

Madame le ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi nous le redit, depuis la très prisée Davos : cette moralisation est un point cardinal indispensable de l’activité de l’ensemble des joueurs de la planète finance

 

 

Moraliser chacun comprend bien que cela veut dire mettre des limites. A de multiples reprises le président de la République française nous a expliqué qu’il convient de mieux contrôler l’activité d’un certain nombre d’acteurs du monde financier. Une réflexion est en cours sur les modes de rémunération du haut patronat. Il faut reconnaître que cette normalisation avance timidement après chaque scandale, par exemple avec une évolution législative réelle du traitement des stock-options. Cela dit légiférer ne va pas sans atteindre une certaine conception de la liberté et pourfendre l’idéalisme ultralibéral. Il faut croire qu’en notre ère matérialiste le monde invisible d’Adam Smith ne fait plus recettes… Si madame Lagarde évoque ces bornes à placer comme une évidence, nous ne pouvons que nous demander pourquoi cette évidence ne nous avait pas sauté aux yeux plus tôt ?

 

 

Plus clairvoyant, monsieur Sarkozy ne s’arrête pas à des velléités de pressions extérieures. En effet ce n’est pas assez de fustiger les loups de la finance encore faut-il les humaniser. Sans doute est-ce la raison qui pousse notre président à inviter quelques grands patrons à renoncer, sans y être contraints, aux avantages dont ils sont coutumiers. De leur part, ces gestes auront manqué de spontanéité mais ne boudons pas notre plaisir et réjouissons-nous de cette moralisation des personnes qui s’opère au cœur de la lutte intérieure entre portefeuille d’action et cette vertu que nous appellerons délicatesse sociale. Moraliser devient donc apprendre la maîtrise de soi.

 

 

Pour aller plus loin, nous pourrions nous interroger sur le capitalisme et la morale en général. Jusqu’à il y a peu, une part grandissante de nos concitoyens semblait croire que le capitalisme était la solution pour le bien-être ; les philosophes, eux, définissaient la morale comme le moyen pour vivre bien. Un autre point que nous apprennent nos humanistes est la distinction entre fins et moyens… Se souvenir que le capitalisme est une théorie sur les instruments financiers nous aidera certainement à n’y voir qu’un moyen. Si notre fin est le bien-être alors soyons cet homo homini lupus, si notre fin est de vivre bien : apprenons à ordonner les moyens aux fins qui sont les leurs ! La fin de la politique comme de l’économie c’est le bonheur de l’homme et non simplement le renouvellement de sa force de travail qui le réduit au rang de ressources...

 

 

Nous pourrions être pessimistes en pensant que trop encore voudront résister à l’ordre naturel de la société. Et malgré cet inconscient collectif de crise, elle ne nous semble pas moins forte la tentation de l’individualisme. Cela dit nous découvrons un espoir inattendu dans la structure juridique du Forum Economique Mondial : celui-ci est une fondation à but non lucratif !

Écrit par Arnaud MARKERT. Posted in Politique nationale

Commentaires  

 
#11 Ludo 2009-02-18 21:20 Ouais enfin l'argument des libéraux comme quoi la crise serait due à une mauvaise régulation, c'est un gros raccourcis.

Je ne remets pas en cause ces problèmes mais ils ne sont que des éléments dans un ensemble bien plus important. A mes yeux la vrai raison de la crise, c'est le surendettement de nos sociétés occidentales, surtout aux Etats-Unis. Ça fait des années que l'on vit au-dessus de nos moyens. Et quand on bâtit un château de cartes, si une carte tombe, c'est le château qui s'écroule.

Il faut épargner plus et consommer moins mais cela revient à privilégier le long terme sur le court terme et les gens ne l'acceptent plus. On veut tout tout de suite, quitte à s'endetter massivement.

Il faut remettre en avant l'industrie au détriment de la finance qui a pris trop de place ces dernières années.
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#12 Gilles LAURENT 2009-02-20 11:28 Multi-citer Nico:
Gilles et Limmt,
vous m'étonnez un peu les amis.
Il n'y a jamais eu tromperie sur la marchandise. L'UMP n'a jamais eu vocation à être un parti exclusivement libéral. Vous savez très bien qu'il regroupe tout un ensemble de sensibilités dont des libéraux (qui ne sont pas majoritaires - c'est sûr).


La rupture qu'on nous avait promise était quand même très libérale dans le discours. Malheureusement cette rupture n'a pas eu lieu.
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#13 Gilles LAURENT 2009-02-20 11:43 Multi-citer Ludo:
Ouais enfin l'argument des libéraux comme quoi la crise serait due à une mauvaise régulation, c'est un gros raccourcis.

Je ne remets pas en cause ces problèmes mais ils ne sont que des éléments dans un ensemble bien plus important. A mes yeux la vrai raison de la crise, c'est le surendettement de nos sociétés occidentales, surtout aux Etats-Unis. Ça fait des années que l'on vit au-dessus de nos moyens. Et quand on bâtit un château de cartes, si une carte tombe, c'est le château qui s'écroule.

Il faut épargner plus et consommer moins mais cela revient à privilégier le long terme sur le court terme et les gens ne l'acceptent plus. On veut tout tout de suite, quitte à s'endetter massivement.

Il faut remettre en avant l'industrie au détriment de la finance qui a pris trop de place ces dernières années.


Et pourquoi y'a t'il un surendettement des ménages américains ? à cause des baisses de taux trop importante de la banque centrale américaine. Les libéraux ont toujours dénoncé cette politique qui consiste à fabriquer de la fausse monnaie pour doper l'economie.

En Europe on ne peut pas créer de la fausse monnaie puisque la banque centrale européenne est indépendante et qu'elle a pour seul mission la limitation de l'inflation. Alors nos gouvernements empruntent de l'argent, il suffit de regarder le budget de l'état français pour 2009. Un déficit de 86 milliards d'euros selon le ministère de l'économie et certains journaux economiques parlent de plus de 100 milliards d'euros.

Les libéraux dénoncent cette politique de surendettement.
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