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Nov
23

Ouverture des magasins le dimanche, bientôt enfin un peu de liberté ?

Faut-il autoriser l’ouverture des magasins le dimanche ? Cette question est au cœur du débat politique actuel – même si le PS s’en moque royalement, préférant les luttes internes et les comptes d’apothicaires des voix militantes à la vie de notre pays.


Véritable serpent de mer, la proposition d’autoriser l’ouverture des magasins le dimanche a du mal à se concrétiser – en dépit du faible nombre de participants aux manifestations hostiles à cette idée, comme ce matin sur la place Kléber à Strasbourg. Nicolas Sarkozy, faisait cette proposition dès 2006. Aujourd’hui la majorité est-elle prête à passer à l’action, à convertir en acte ses propositions d’hier ?

Ce débat dépasse les clivages traditionnels. Les milieux catholiques et les syndicats de gauche s’opposent – dans une sorte d’alliance du communiant et du communiste – à l’idée même d’autoriser l’ouverture des commerces le dimanche. La justification apportée est simple : Pour ouvrir les magasins le dimanche, il faut bien que les employés de ces magasins travaillent le dimanche… Or, le dimanche serait un jour sacré. Il serait – selon eux – consacré entièrement à la dévotion et à la cellule familiale, au repos. C’est une vue de l’esprit, un argument battu en brèche par la réalité de notre société moderne de 2008.

Tout d’abord, il faut bien constater qu’il y a un nombre important de personnes qui travaillent le dimanche, dans la fonction publique – pour assurer la continuité du service public – comme dans le secteur privé ou au sein des professions libérales. Du policier à l’agent SNCF, de l’agriculteur à l’ouvrier de certaines branches, du médecin au restaurateur, ils sont nombreux à travailler le dimanche – bénéficiant d’un autre jour de repos.

Ensuite, il faut rappeler que ce qui est proposé, ce n’est pas d’obliger ceux qui consacrent leur dimanche à Dieu, à leur famille ou à une association à travailler le dimanche. Il s’agit d’offrir une liberté supplémentaire : rendre possible le fait de travailler le dimanche en étant payé plus, mais aussi et surtout donner la possibilité à des millions de français qui voudraient bien faire leurs achats le dimanche de le faire, plutôt que de s’entasser tous le samedi dans les commerces (surchauffés en ce moment – c’est une horreur, qu’on leur dise qu’on porte des vestes en hiver ! ! !).

Par ailleurs, cela pourrait être une formidable source de revenus pour les jeunes, et les étudiants et les intérimaires en particulier – qui pourraient être embauchés pour travailler le dimanche s’ils le désirent. Après tout, concernant les étudiants, voilà des catégories de personnes qui sont souvent en demande d’emplois et qui ne peuvent en trouver en raison de leurs agendas particuliers. Travailler certains dimanches apparaîtrait à nombre d’entre eux comme une formidable occasion d’augmenter leur pouvoir d’achat tout en prenant un moindre risque d’échec de leurs études.

Enfin, à un mois de Noël, rappelons-nous que – par dérogation au régime extrêmement strict et sévère – les magasins ouvriront pour la plupart les dimanches à venir. C’est également le cas des commerces des zones touristiques lors des saisons. C’est donc bien qu’il y a là un besoin social auquel on peut répondre aussi le reste de l’année et partout sur le territoire. Nous nous apprêtons tous à passer nos prochains dimanches – en famille – à arpenter les marchés de noëls alsaciens et à faire les boutiques.

Il est donc nécessaire de remettre un peu de liberté dans ce domaine contraint – et pas seulement à Paris, Lille, Lyon et Marseille – unités de plus d’un million d’habitants, puisque c’est le très curieux critère n’ayant rien à voir avec le débat figurant dans la proposition de loi du député Mallié (Monsieur le Député étant élu des Bouches-du-Rhône). Parce qu’à Strasbourg, Haguenau ou Sélestat aussi, bien des français voudraient pouvoir faire leur courses le dimanche, même si nous ne vivons pas au milieu d’un million de nos concitoyens.


Écrit par Nicolas KIHN. Posted in Politique nationale

Commentaires  

 
#51 Gilles LAURENT 2008-12-05 23:04 ok j'ai compris.
Je pense qu'il est préferable qu'un certain nombre de personnes aient un petit salaire plutôt que pas de salaires du tout. Et puis ça fera baisser les prix d'un certain nombre de choses.

La question de l'héritage est très intéressante, mais dans ce cas là il faudrait rétablir les droits de successions que sarko a supprimé. Je t'avoue que je n'y suis pas favorable. Je pense que lorsqu'on a travaillé toute sa vie on a le droit de le léguer librement à ses enfants. Je pense que la mise en place de droits de successions est une question idéologique et que chaque vision se défend.
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#52 François 2008-12-09 19:58 Gilles,
Quand tu dis 18% d'impôt c'est sur 100% des revenus ?
Si tu supprimes les niches fiscales, comment l'état va t'il inciter le particulier à investir dans les domaines pour lesquels les niches ont été créées ?
Pour la courbe de Laffer ça reste du très théorique même si je suis persuadé qu'il y a du vrai.
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#53 Rastignac 2008-12-10 12:35 Merci Nico ^^.

Je lis Gilles avec beaucoup d'attention.
S'il est économiste, j'aimerais bien qu'il m'explique comment on peut relancer l'économie par la consommation (dominicale) dans un pays où les revenus s'estompent ?
D'ailleurs, il semblerait que pas mal d'entrepreneurs n'estiment pas "rentable" l'ouverture dominicale. Le calcul me paraît à moi aussi très vite fait : je ne pense pas que les ventes progressent lorsqu'on ouvre le dimanche, je crois au contraire qu'elles s'étalent simplement sur 7 jours
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#54 Rastignac 2008-12-10 12:55 …au lieu de 6.
En outre, j'ai du mal à comprendre comment un hyper peut s'y retrouver en vendant à peu de chose près la même chose, mais en payant ses employés 125% ou 150% ?

J'insiste sur les 125% parce que les prétendus 150 ne sont pas systématiques dans les zones commerciales, contrairement à ce qu'on affirme !
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#55 Julien 2008-12-11 20:23 Bonjour,

Je viens de découvrir ce blog et sa lecture me laisse pantois. Les arguments au-delà de la répétition jusqu'à la caricature du discours ultra libéral de M. Sarkozy restent d'une infantilité désarmante.
Ainsi l'obligation de travailler le dimanche serait une liberté fondamentale qu'il conviendrait de donner au citoyen.
Cette liberté serait même la solution miracle pour créer des richesses et combattre la crise.
Non, non et non!!! Je suis opposé au travail du dimanche pour le secteur marchand. Oui le diamnche n'est pas un jour comme un autre et bravo à la soixantaine de députés UMP qui ont eu le courage de le dire.
La banalisation du travail du dimanche serait non seulement un coup de plus porté à la vie familiale et en particulier aux relations avec ses propres enfants, mais aussi à la vie associative tellement importante pour créer des relations de proximité dans notre société.
J'avoue que j'ai bien du mal à comprendre la volonté obstiné d'une partie de la droite - à part celle de faire encore plus de profit - de démanteler ainsi ce qui fait les vraies valeurs de notre pays.
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#56 Gilles LAURENT 2008-12-17 04:50 Je ne reponds que maintenant car mon antivirus se déclenchait quans j'accédais à ce site.

@François Oui 18% sur les 100% hormis les 500€ d'impôt négatif (l'argent donné par l'état)
Pourquoi l'état devrait inciter l'investissement dans certains domaines. Les individus sont suffisamment grand pour savoir dans quoi ils veulent investir.
Sur la courbe de Laffer, il y a eu des résultats par le passé.

Au Royaume-Uni, la tranche marginale de l'impôt sur le revenu passa sous Margaret Thatcher de 83% à 60 puis 40%, ce qui entraina simultanément une hausse des recettes fiscales d'1,2 milliards £ en 1985-1986

Le ministre néo-zélandais Maurice McTigue rapporte également une application de la courbe de Laffer dans les années 1980 : « Ainsi, nous avons réduit de moitié le taux de l'impôt sur le revenu et supprimé un certain nombre de taxes annexes. Paradoxalement, les recettes de l'État ont augmenté de 20 %. Oui ! Ronald Reagan avait raison : réduire les taux de l'impôt a effectivement pour conséquence l'augmentation des recettes fiscales. »

@Rastignac

La France est le pays le plus touristique au monde, les touristes viennent plus le dimanche que le lundi, ça parait évident que ça permettra une augmentation du pouvoir d'achats des français.
Je suis d'accord avec toi quand tu dis que ça ne sera pas rentable pour un certain nombre de commerces. Et bien c'est simple, ils n'ouvriront pas. Ils n'ont pas besoins d'une législation pour leur dire. Ils savent calculer.

Exemple :

Près de chez moi, y'a un doner kebab qui ouvrait jusqu'à 1h du matin. Une fois je me suis pointé à 0H30, c'était fermé.
J'y suis retourné le lendemain, et le commerçant m'a dit qu'entre 00h00 et 1h y'avait quasiment personne, du coup il ferme maintenant à 00h00.
Il n'a pas besoin de lois pour savoir quand il doit ouvrir.

Pour le dimanche ça devrait être pareil.

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#57 Francois 2008-12-17 21:35 18% sur 100% des revenus ?! Dans ce cas je suis scié !! Prenons l'exemple d'un mec célibataire gagnant 4.000 € par mois. (En gros, moins de 5% de la population !!) Et bien il payerait plus d'impôt avec ton système qu'avec l'actuel puisque sa tranche moyenne (et non marginale) passerait de 15 à 18%. En gros ; 90 à 95% des Français seraient davantage fiscalisés.
L’imposition à taux unique ne fait qu'accroître les inégalités. Concept clef de Keynes lorsqu'il jeta les bases du capitalisme. Je te renvoie au dernier rapport de l'OCDE "Croissance et Inégalités". Le rapport est surprenant pour un chantre de l'ultra libéralisme jusqu'alors. "Les politiques fiscales et sociales REDISTRIBUTIVES ainsi que le développement des services publics sont des moyens efficaces pour combattre les inégalités". L'Irlande est l'exemple type du pays qui a mis en place un taux d'imposition unique bas (16% je crois).

Sécu —> Et si un smicard doit se faire hospitaliser, il fait comment? Raisonner sur un cas particulier plutôt que sur des stats précises et avérées est pénalisant pour la démocratie. Le principe de notre sécurité sociale, équitable pour tous, est juste. Rien qu'en Suisse, un pourcentage significatif de personnes habitant près de la frontière française la franchissent pour bénéficier de notre qualité de soins à moindre coût. Des journaux sérieux du type Alternative Economique montrent que dans certains secteurs économiques, la concurrence n'apporte pas de baisse des coûts au consommateur à cause de l'introduction de frais de sièges (publicité, marketing, duplication des postes) qui ont des coûts de fonctionnement supérieurs aux gains apportés par la concurrence. C'est le cas des secteurs à investissement important, type le rail (cf désastre anglais et renationalisati on partielle), l'électricité. D'autant plus que des exemples flagrants en ce qui concerne la sécurité sociale existent. La Suisse par exemple. Cela dit ; d'accord à 100% sur le fait qu'il faillie faire des (grosses) économies !

Courbe de Laffer  l'effet négatif pour la croissance s'applique seulement à partir d'un taux d'imposition de 40 - 50%

Et si la vérité était au centre…
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#58 Gilles LAURENT 2008-12-18 14:35 François,

Je ne suis pas d'accord lorsque tu dis que 90 à 95% de la population serait davantage fiscalisé. Puisque grâce à l'impôt négatif de 500€, les très bas revenus amélioreraient leur revenus. Quand on gagne 4000€ par mois ça ne me choque pas qu'on lâche 220€ d'impots.

Il est vrai que dans un système libéral il y a de fortes inégalités mais globalement tout le monde s'enrichit y compris les plus pauvres.

L'exemple irlandais est un très bon exemple :
de 1984 à 2002, le niveau de prospérité en Irlande a progressé de 167% contre 42% seulement en Belgique. En une demi-génération, l'Irlande est passée du rang de second pays le plus pauvre d'Europe à celui de second pays le plus prospère. Les écarts en matière de création d'emplois sont similaires. Quelles sont les causes de ces différences de croissance? L 'Irlande connaît une charge fiscale globale particulièremen t modeste et et une répartition équilibrée des impôts directs et indirects. La politique fiscale irlandaise s'est apparu efficace, et est imitée dans l'Europe de l'Est. Le modele Irlandais est parfaitement appliquable en Belgique. Si l'on veut stimuler la croissance et l'emploi il sufit d'un rabaissement de la charge fiscale et d'une une répartition plus équilibrée des impôts sur le revenu et des impots sur la consommation.

Concernant la sécu, il faut mettre en place un système de bons pour que chacun puisse s'assurer dans l'une des sécu qui serait agrée par l'état. Bien evidemment il faut soigner tout le monde, nous ne sommes pas des barbares. Le système instauré aux Pays Bas me semble vraiment intéressant.

Le journal Alternative Economique, produit par Libération n'a pas de vision objective. J'ai lu un article sur l'origine de la crise financière dans ce journal, il n'y a pas une seule ligne sur la politique monétaire américaine, j'ai trouvé ça hallucinant. C'est vrai ils font des beaux graphiques (je te l'accorde c'est un peu moqueur de dire ça)

Pourquoi la privatisation des chemins de fers anglais n'a pas fonctionné ?
Parce qu'ils ont crée un mini-monopole sur chaque ligne en donnant les rails, les trains et les services à une seule compagnie. Du coup les sociétés n'entretenaient plus les lignes.
Quelle privatisation aurait il fallu faire ?
Il aurait fallu donner les rails à une ou plusieurs compagnie dont leur seul rôle aurait été d'entretenir les rails, et à chaque fois qu'une compagnie de train utilise la voie, elle reverse une somme à la compagnie qui entretient la voie à l'image des taxes aéroportuaires.

Car dans le système aérien, dont la privatisation a été bien faite elle a permis l'éclosion de compagnie low-cost comme Ryanair ou Easyjet. Personellement j'ai pu me payer un voyage aller-retour en Espagne pour 50€ toutes taxes comprises.

Sur l'electricité, il est aujourd'hui moins cher d'acheter chez Poweo ou Direct Energie que chez EDF.

Je termine sur la courbe de Laffer. Pour la courbe de Laffer il faut prendre en compte l'ensemble de l'imposition et pas seulement l'impot sur le revenu. Hors aujourd'hui la dépense publique représente entre 55 et 60% de notre PIB, je pense plus proche de 60 vu les dernières mesures annoncée par le gouvernement.

60% de dépense publique cela signifie qu'aujourd'hui ou dans un futur proche car il faudra rembourser la dette, la fiscalité est ou sera de l'ordre de 45% pour les moins aisés et de l'ordre de 75% pour les plus aisés. Je pense que parler de la courbe de Laffer dans ce contexte est tout à fait opportun.

La vérité est ailleurs !
Fox Mulder lol
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#59 Rastignac 2008-12-19 18:22 Gilles,

Ok pour le fait qu'ouvrir ne soit pas une obligation.
Mais que fait tu du principe de concurrence, qui incite tous les magasins d'une zone à ouvrir quand un le fait ?
J'ai entendu l'argument de la clientèle touristique dans la bouche de M. Balkany. Dans un marché en conquête, il me semble que le commerce est à la recherche de nouveaux clients à fidéliser. Du coup ça s'annule. Tous voudront ouvrir le dimanche.

Et qui va trinquer ?
Sans être de ce bord, l'argument -certes démagogique, mais valable- de l'extrême gauche de dire que ce sont toujours les petits qui trinquent dans ce genre de réforme a bon écho dans mes (grandes^^) oreilles… Je cite : "pourquoi les professions à forte rémunération ne sont-elles pas concernées. Cabinets médicaux, de notariat, d'avocats, etc…"

L'argument de création d'emploi, je n'y crois guère.
En revanche, en terme de service public, je serai favorable à une discussion du genre quant aux horaires de l'administration, qui obligent pas mal de gens à prendre des day off afin de gérer leur paperasse… Si le président avait vraiment des c… c'est par là qu'il commencerait.
Le retour de bâton qui l'accuse de favoriser ses amis me paraît légitime.
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#60 Francois 2008-12-20 11:34 Heu Gilles, pour moi 18% sur 4.000 € ça fait 720… J'ai mal compris quelque chose ?? Citer
 

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