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Mai
11

Réforme des retraites : l’enjeu de l’année

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Aujourd’hui, une retraite sur dix n’est pas financée. Voilà le seul chiffre que j’indiquerai dans ces quelques lignes consacrées à ce dont tout le monde savait depuis 2003 que ce serait la réforme la plus importante que le Gouvernement en fonction, quelque soit ses orientations politiques, aurait à entreprendre en 2010. La presse en fournit assez chaque jour pour ne pas en ajouter ici.

Les positions défendues sont diverses, mais au moins l’objectif est il visiblement communément admis, et pour cause : il nous faut aujourd’hui déterminer les moyens qui nous permettront demain de sauver (car il y a danger) et pérenniser (car ce danger concerne d’avantage encore les futures générations) notre système de retraite.

Là où le bas blesse, et voilà bien ce qui m’inspire, c’est qu’il faut en une telle matière se garder de tout excès de démagogie et, tout au contraire, se montrer responsable. A l’heure où se déroulent des négociations avec les partenaires sociaux, certains versent malheureusement déjà dans la menace, loin apparemment de toute analyse sérieuse de l’inéluctable : notre population vieillit, et si nos voisins allemands ne peuvent s’enorgueillir d’un aussi bon renouvellement des générations que le nôtre, cela ne suffira pas !

Comment ne pas admettre alors que l’inévitable, si chacun de nous vit plus longtemps qu’il y a dix ans, est d’envisager un allongement de la durée de cotisation ? Cela n’enlève rien à la nécessité d’ouvrir le débat, de tout remettre à plat, des pré-retraites, qui servent trop souvent de solutions de facilité, jusqu’à la pénibilité, une question bien assez complexe à définir et prendre en compte. Bien au contraire, l’heure y est propice et le Gouvernement semble s’y être attelé sans ornières.

Mais laissons à ceux qui s’y opposent, Martine Aubry en tête, le droit le plus naturel qui soit, celui à la contradiction… à la condition toutefois d’être prêts à annoncer aux Français, au choix et en toute transparence, qu’il y aura si l’on rejette cette première solution, soit une diminution du montant des pensions (déjà bien souvent insuffisantes), soit une augmentation du montant des cotisations (ce qui n’arrangera sans doute pas d’avantage notre pouvoir d’achat) ! C’est oublier un peu vite que Mme Aubry appartenait il y a quelques années à un Gouvernement qui n’avait pas eu le courage de s’attaquer à ce dossier, ce qui de l’avis de certains commentateurs aurait d’ailleurs contribué à la chute de Lionel Jospin en 2002…

A moins encore que Jean-Claude Mailly, leader de Force Ouvrière, ne parvienne à lui seul à sauver notre système de retraites en organisant avec quelques amis, comme il l’a suggéré avec insistance, une journée de blocage de tout le pays, une prescription non homéopathique, et évidemment renouvelable à outrance si le besoin s’en faisait sentir. Pour le moins originale (encore que…), cette solution ne me convainc guère, bien que son instigateur ait, lui, le mérite de tenir un langage de vérité.

Nous pouvons donc, je le crains, nous attendre, nous, premiers concernés, à une multitude de cortèges et défilés en tous genres, sur fond de slogans hostiles, et sans proposition sérieuse autre que celle de la taxation illimitée des profits (qui serait donc apparemment la solution à tous les maux de la France). Pendant ce temps, dans un certain nombre de pays voisins où les négociations sociales sont plus apaisées, raisonnables et sérieuses, la réforme des retraites a été actée il y a belle lurette, et on continue à nous regarder d’un bien mauvais œil !


Maxime LAVIGNE
Membre du Bureau des Jeunes Populaires

Écrit par Maxime LAVIGNE. Posted in Politique nationale

Commentaires  

 
#11 François F 2010-06-03 17:44 C'est simple : c'est comme pour les assurances ou le loto. Si tu arrêtes de travailler à 63 ans et que l'espérance de vie est de 80 tu as 17 ans à financer. Si tu l'appliques à ta propre vie, tu as toutes les chances de ne pas tomber "pile" dans cette statistique. Par contre, en l'appliquant à 60 millions de personnes ; loi des grands nombres oblige, tu retombes sur tes pattes.
Je ne dis pas que le système est parfait à l'heure actuelle. Des choses sont à revoir ! Il faut quand même savoir que le système actuel (répartition) défendu par l'idée populiste de la solidarité est injuste envers … les plus pauvres puisque les ouvriers ont une espérance de vie moins important que les cadres !
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#12 Jonas 2010-06-03 21:08 Puisque ce sont les intérêts qui te font ta retraite que tu vives 63 ans ou 80 ans ça ne pose aucun problème, c'est ça que je ne comprends pas dans ton raisonnement… Citer
 
 
#13 François F 2010-06-04 10:34 Mais le capital devient quoi alors ?
Pour mémoire, avec les taux actuels, sur 400.000 €, le rendement est de 8.000 € annuel… Light, non ?
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#14 Jonas 2010-06-05 04:16 Je sais pas comment tu me trouves ce chiffre de 8000€, les Perp rapportent autour de 3% par an et ça monte jusqu'à 4,7% chez Apicil soit entre 12000 et 18000€ par an.

Et si vraiment c'est pas suffisamment rentable il peut acheter des apparts pour les louer avec ses 400 000€. Et comme ça il aura un capital à léguer à ses enfants…
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#15 unpeucynique 2010-07-01 18:42 Multi-citer François F:
Il faut quand même savoir que le système actuel (répartition) défendu par l'idée populiste de la solidarité est injuste envers … les plus pauvres puisque les ouvriers ont une espérance de vie moins important que les cadres !


Je suis d'accord, le système par capitalisation est beaucoup plus juste et plus adapté. Le cadre gagne plus, mais il a aussi un mode de vie plus dispendieux, et il vivra plus longtemps. Tandis que l'ouvrier gagne moins, mais il vivra moins longtemps. Donc comme il n'a pas à épargner beaucoup, il n'a pas besoin de gagner beaucoup non plus.
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