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Mai
20

Réformer notre armée

Comme François Fillon l'a annoncé lors du dernier séminaire gouvernemental, le temps des "réformes de structures" est arrivé. Celles dont l'impérieuse nécessité impose d'aller au-delà de l'éventuel mécontentement qu'elles seraient susceptibles de créer. Dans un monde qui se mue à une célérité déconcertante, la France ne peut rester inerte si elle ne veut pas manquer le coche du XXI° siècle.

A ce titre-là, la réforme de nos armées apparaît comme un impératif urgent, alors qu'on pourrait la penser superficielle. C'est tout le sens du Livre blanc piloté par le ministre de la Défense, Hervé Morin, visant à adapter la défense nationale aux nouvelles réalités stratégiques mondiales. Pour l'anecdote, le dernier Livre blanc, rédigé en 1994, mentionne encore la possibilité de voir des chars de l'Armée rouge déferler en Europe occidentale !

En effet, depuis près d'une vingtaine d'années et la chute de l'Union soviétique, les évolutions ont été considérables. La donne n'est plus la même. Les cartes ont été redistribuées.
Un monde bipolaire dominé par les Etats-Unis et l'URSS a laissé sa place à un monde multipolaire où Etats-Unis, Russie, Europe, Asie et, à terme, Brésil et Inde se livrent une compétition sans merci.
Alors qu'auparavant, les ennemis étaient des entités clairement identifiées, localisées et localisables, aujourd'hui, ils peuvent être des groupuscules flous et mobiles. Le monopole de la violence ne se trouve plus uniquement entre les mains d'Etats souverains, mais quiconque peut désormais semer la panique et paralyser un pays par des actes de terrorisme. Invisibilité et imprévisibilité forment, en ce début de siècle, les maîtres mots de l'action subversive.
En outre, le développement des technologies informatiques et d'Internet ont, en partie, déplacer les combats terrestres vers le cyberespace. Chars et fusils ont été troqués pour chevaux de Troie et virus.
Enfin, les temps glorieux et épiques des gigantesques unités d'hommes et de blindés écrasant un pays ne sont plus d'actualité. Ce n'est plus tant le nombre et la puissance que l'efficacité et la mobilité qui sont désormais recherchées.

Ces différentes réalités imposent donc une révision globale des missions et moyens de notre armée.
Bien que cela puisse parfois être difficile à accepter, la réforme de la carte militaire et les suppressions de certaines unités sont inévitables. L'est de la France sera malheureusement sévèrement touché, mais la réalité est là. Si, pendant près de deux siècles, l'ennemi fut successivement la Prusse, l'Allemagne et l'Union soviétique, aujourd'hui, ils ne le sont plus. Quel est alors le sens d'une présence massive des troupes françaises dans ces régions de la France ?
Fermeture de bases toujours, mais en Afrique cette fois-ci. Là encore, la Guerre froide n'est plus. De fait, il n'est plus nécessaire de disposer de bases sur presque tout le continent noir.
Aussi, la construction européenne, si elle veut dépasser les simples relations économiques sans âme et sans saveur, nous impose-t-elle de tendre de plus en plus vers une mutualisation de nos moyens avec nos partenaires.
Enfin, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, un certain nombre de postes se doivent incontestablement d'être supprimés, en externalisant un certain nombre de tâches qui ne relèvent que de très loin de l'art guerrier (blanchissement et cuisine par exemple) et en simplifiant les organigrammes complexes, fruits d'un héritage historique parfois désuet.

Bien entendu, cette réforme courageuse fera toujours grincer des dents ici et là, dans telle ou telle ville, dans tel ou tel régiment, dans tel ou tel bureau. Cela est bien normal ; aucune réforme ne se fait dans la facilité. Pour autant, l'intérêt général ne doit en aucun cas être remis en cause sur l'autel des intérêts particuliers locaux. La sécurité des soixante quatre millions de Français n'a pas de prix.

Écrit par Jeunes Populaires du Bas-Rhin. Posted in Politique nationale

Commentaires  

 
#11 Nico 2008-05-24 16:10 Ludo, amicalement tu encules les mouches !
"Ils sont partis et que le Sud Vietnam est tombé", ça s'appelle perdre la guerre du Vietnam.

Les Anglais ont quand-même fait d'énormes progrès sur cette question… Ils ne sont pas forcément d'accord avec le modèle qu'on leur propose mais ils comprennent leur intérêt financier à l'armée européenne. En l'occurrence, sur cette question, ce sont bien les seuls de nos amis européens que ne blâmerais pas.
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#12 macraptor 2008-06-02 13:39 Oui Nicolas, c'est tout à fait vrai, les Etats-Unis et leurs alliés ne gagnent pas toujours à la fin. Il leur est arrivé de perdre des guerres et celle du Vietnam est un très bon exemple. J'y avais pensé et j'aurais en effet pu la mentionner pour nuancer mon propos. Mais ce que je voulais dire, c'est que pour chacune des trois guerres mondiales, les Etats-Unis ont toujours gagné. Il est indéniable que la guerre du Vietnam faisait partie de la guerre froide et effectivement, ils l'ont perdue. Une guerre dans la guerre, en quelque sorte. Mais il est également indéniable que c'est l'ouest qui a gagné la guerre froide. C'est pareil aujourd'hui : les USA sont embourbés en Irak - on parle même depuis quelques temps de "nouveau Vietnam" et en Afghanistan ce n'est pas mieux. Mais cela ne veut pas dire qu'à la fin ils perdront la guerre contre le terrorisme islamiste, en tout cas je l'espère.
Sinon il y a aussi l'exemple de la guerre de Corée, au début des années 50, qu'ils n'ont certes pas perdue mais qu'ils n'ont pas gagnée non plus. Par contre, il me semble que leur dernière défaite sur le sol américain leur a été infligé par…les Indiens, il y a très longtemps.
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#13 macraptor 2008-06-02 13:43 "Pas sûr que ça soit le bon sens !" : effectivement, s'il est clair qu'il faut réorganiser l'armée et supprimer des garnisons, il vaudrait mieux le faire dans les grandes villes, comme Metz, qui sont plus aptes à supporter ces réformes et redéploiements, et pas dans les petites comme Bitche, dont le poids de l'armée dans l'économie est énorme, qui supporteraient beaucoup moins bien cette nouvelle situation. Citer
 

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