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Avr
13

Séquestrer son patron ne devrait pas être une forme d’action sociale.

L’actualité de ces dernières semaines a mis en lumière un nouveau « sport national français » : la séquestration de dirigeants ; le PDG de Sony France, le patron de 3M à Pithiviers, quatre cadres de Caterpillar à Grenoble…
Dans un sondage CSA publié dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France", 45% des Français jugent cette méthode d’action "acceptable".
Toutefois cette arme de la séquestration est elle vraiment acceptable ?

Ségolène Royal a une nouvelle fois mis le feu aux poudres en déclarant à propos des séquestrations de dirigeants, qu'elles permettaient parfois à des salariés "fragilisés, piétinés et méprisés de se faire entendre ». Eva Joly parlait elle de « résistance citoyenne nécessaire ».

Les réactions dans notre camp se sont montrées beaucoup plus sévères contre ce phénomène, qui tend à se développer. Nicolas Sarkozy a insisté sur le caractère inadmissible de ce genre d’agissements dans un Etat de droit, en affirmant qu’il ferait respecter la loi et François Fillon a souligné que "le respect de l'intégrité des personnes, de leur liberté d'aller et venir n'était pas négociable".

En effet, ne perdons jamais de vue l’essentiel, la séquestration reste un délit et constitue une solution extrême. La négociation et le dialogue social ne devraient jamais être remplacés par une forme d’action sociale, qui peut dans certains cas être dangereuse et violente.

Ce phénomène typiquement français trouve ses racines dans la nature du dialogue social de notre pays et dans notre culture fortement revendicatrice. Toutefois, force est de constater, que ce ne sont pas les syndicats, qui poussent à la séquestration mais que ces derniers sont dépassés par leur base, qui ne se sent pas suffisamment prise en considération. Sentiment d’abandon, fortement accentué par le contexte de crise actuelle et sentiment d’injustice, quand les primes de départ exorbitantes de grands patrons font la une des journaux.

Nous payons aujourd’hui le manque de réforme d’envergure de notre dialogue social. Ces phénomènes déviants montrent l’importance capitale de partenaires sociaux forts. La loi du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale était une belle occasion de renforcer les syndicats français. Elle a au contraire marqué une nouvelle étape dans l’affaiblissement de ces derniers, en rendant leur implantation dans les entreprises encore plus difficile. Echec encore plus marqué, que l’objectif affiché de cette loi était de placer l’entreprise, comme échelon privilégié de la négociation collective.

Il est donc urgent de réformer enfin en profondeur notre dialogue social. Avec des partenaires sociaux forts placés sur un pied d’égalité avec le patronat autour des tables de négociation, les salariés n’auront plus l’impression que l’écoute et la prise en compte de leurs revendications passent uniquement par la mise en œuvre d’actions illégales.

 

 

 

Écrit par Cécilia DERVOGNE. Posted in Politique nationale

Commentaires  

 
#11 coco 2009-05-01 02:05 Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, aticle 35 :

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."

Mes camarades, le temps est à la désobeissance et à l'insurrection pour nous liberer.
Vive la Révolution, Vive la France
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#12 Nicolas K 2009-05-02 05:44 La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen comporte 17 articles.

Coco, vous délirez !
Ca n'étonnera personne d'ailleurs.

Article 12 :"La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous (…)".

Votre insurrection serait donc écrasée, pour l'avantage de tous.
Vive la République, Vive la France !
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#13 François F 2009-05-03 11:26 "Quand le gouvernement viole les droits du peuple"
Notion très subjective en plus que vous évoquez là… Je ne vois pas trop, sur la présente crise, en quoi le gouvernement a violé quoi que ce soit à son peuple !
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#14 V 2009-05-14 18:41 Cher Nicolas K à force de dénigrements, de mépris nous finirons hélas par discuter par bombes interposées.

C'est le message que le gouvernement devrait entendre… Pour "l'avantage de tous" comme vous dites…
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#15 Nicolas K 2009-05-15 19:28 Je ne fais que citer la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen…

Je pense que vous êtes attaché à la forme républicaine de notre régime, n'est-ce pas?

Quant aux "dénigrements" et "mépris", je ne vois pas de quoi vous parlez. C'est un procès d'intention que vous faîtes gratuitement comme ça au Gouvernement. Il applique la politique que les français ont démocratiquemen t choisi.
J'ajoute que cela n'a rien à voir avec la note sous laquelle nous échangeons qui concerne la nécessité de dialogue social - dans lequel, idéalement, le gouvernement n'a pas à intervenir si l'on veut qu'il débouche sur quelque-chose (mais ça le Gouvernement ne l'a pas plus compris que ses prédécesseurs de tous bords) et la nécessité de respecter la loi.

Vous faîtes l'apologie de la violence, je prône la Démocratie…
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#16 V 2009-05-19 21:32 Je ne fais pas parti des gens qui ont voté pour cette politique, et j'estime avoir le droit de pouvoir la refuser si elle me touche directement. Je ne veux pas qu'on flique mon ordinateur même si la majorité l'a décidé, je ne veux pas voir mes droits sociaux méprisé même si la majorité l'a décidé… Pour moi "démocratie" ne signifie pas dictature de la majorité (qui ne l'est plus d'ailleurs je pense…)

Pour rebondir sur le dialogue social il faut vraiment être d'une mauvaise foie démesurée pour prétendre que les partenaires sociaux sont à égalité dans les négociations. On a bien vu que le patronat détient le pouvoir, et que si on ne lui met pas la pression il en aura rien a faire des syndicats et des employés. Donc oui à l'intervention de l'Etat au coté des salariés pour maitriser les agissements patronales qui ne sont motivé que par l'appetit des actionnaires…
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#17 Nicolas K 2009-05-27 13:40 "Depuis que les élections sont libres, que la candidature à la fonction suprême est ouverte à tous, le gouvernement élu, c’est la volonté du peuple. S’attaquer à l’Etat, c’est s’attaquer au peuple. L’Etat de droit a aboli la révolution. En régime despotique, sans la liberté de choisir les dirigeants, prendre les armes c’est résister. En démocratie, c’est du terrorisme.

Ces idées simples, largement partagées, semblent avoir du mal à pénétrer les esprits compliqués des penseurs révolutionnaire s." Cyril Bennasar dans la revue Causeur… A propos de l'inteview accordée au Monde par Julien Coupat l'auteur présumé des dégradations des lignes SNCF selon la Justice - Terroriste de la gauche révolutionnaire selon moi, mais j'attends le Jugement pour en avoir la certitude.

C'est affligeant de vous lire, V. Même la démocratie n'a plus grâce à vos yeux tant vous êtes aveuglé par votre haine. C'est très grave de remettre ainsi en cause la République et la Démocratie. Vous semblez tout justifier au nom d'un radicalisme qui ferait rire s'il n'était pas si médiocre. Vous devez être le Julien Coupat des beaux quartiers, je présume…
Laissez tomber. Le dialogue, vous ne pouvez pas en parler si vous n'admettez pas les préceptes de la démocratie.

Quant à la seconde partie de votre dernier post, V, il démontre que vous n'avez pas compris un traitre mot de ce que l'auteure de l'article appelle de ses voeux, une mise à égalité - inexistante par nature - entre les contradicteurs du dialogue social. Mais est-ce surprenant que vous n'ayez pas compris la réforme du dialogue social souhaitée par Mademoiselle Dervogne si vous n'avez pas compris les fondements mêmes de nos institutions démocratiques ?
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