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Qu’est-ce qui fait marcher les lycéens ?


Voila quelques semaines que se succèdent dans un certain nombre de villes françaises les manifestations lycéennes et dans certains établissements refleurissent même les désormais traditionnels « blocages de printemps » qui privent ceux qui le souhaitent d’étudier en toute tranquillité, au grand dam de nombre de parents d’élèves.

A quelques semaines des examens du baccalauréat, qu’est ce qui guide les lycéens ?
Le mot d’ordre principal, qu’ils partagent d’ailleurs bien volontiers avec certains de leurs professeurs (à moins que ce ne soit l’inverse), est celui de la suppression de postes dans l’enseignement secondaire.
Contestable sur le fond, ce mouvement ne nous laisse pas indifférent quant à la forme non plus…


Quant à la forme, qu’il nous soit permis d’exprimer nos doutes quant aux motivations de certains. L’adolescence est une époque où l’on se laisse bien souvent emporter par les mouvements de masse et autres effets de mode, quelque soit leur nature. Nous avons pour beaucoup d’entre nous été lycéens à une époque plus ou moins éloignée, et nous nous souvenons tous des manifestations dans lesquelles beaucoup se rendaient sans trop savoir pourquoi, en suivant ses amis ou tout simplement pour échapper à tel cours d’anglais ou tel devoir de mathématiques. Certains ne s’en cachent d’ailleurs guère quand on leur demande leur motivation… nous noterons sur ce point que les manifestations n’ont jamais lieu le mercredi (où les lycéens auraient pourtant du temps libre) ou durant les vacances (en tout cas dans les deux zones qui en profitaient cette dernière semaine).
Loin de reprocher son insouciance à une jeunesse à laquelle nous appartenons encore un peu (au moins en termes de classe d’âge), sans verser dans une fausse représentation du lycéen désintéressé du travail, et sans exclure le fait que certains soient totalement convaincus par le combat qu’ils mènent, ces éléments devraient néanmoins pousser tous les observateurs à s’interroger sur la réalité de la contestation et sur ses fondements.

A titre personnel, j’ajouterai que je trouve particulièrement choquant que dans certains cas les professeurs eux-mêmes, ou plutôt les représentants de certaines organisations syndicales, appellent leurs élèves à aller manifester plutôt qu’à suivre leurs cours.
Car jusqu’à preuve du contraire, le meilleur moyen de réussir, c’est encore de travailler sérieusement ! Nous ne sommes pas de ceux qui considérons que professeurs et élèves doivent sans cesse se trouver en situation d’opposition, bien au contraire, mais pousser les lycéens dans la rue pour tenter de peser plus lourd dans un conflit idéologique et partisan qui les oppose au Gouvernement n’est assurément pas à l’honneur de ces organisations syndicales.


Quant au fond, les mouvements lycéens et les syndicats d’enseignants se battent donc contre des suppressions de postes qu’ils prédisent « massives ».
Pour un pure question de vocabulaire, totalement dérisoire pour certains d’entre vous j’imagine, qu’il nous soit toutefois permis de rappeler qu’il s’agit là de non remplacements de départs en retraites, et en aucun cas de suppressions de postes. Bien au contraire, c’est l’équivalent de quelques 5.000 postes qui seront créés en heures supplémentaires dans les mois à venir.
Plus significative est d’ailleurs la réalité des chiffres : les 12.000 non remplacements de postes représentent moins d’1% des effectifs de l’Education nationale, dans un contexte où le nombre d’élèves inscrits dans le secondaire décroît depuis près de vingt ans, et où on devrait compter près de 40.000 lycéens en moins l’année prochaine. Qui peut alors raisonnablement soutenir qu’il n’est pas déraisonnable, ne serait ce que pour nos finances publiques, d’augmenter le nombre de professeurs dans un secteur où le nombre d’élèves baisse ?

Et l’argument selon lequel les classes des classes déjà surchargées en effectif le seront encore plus à la prochaine rentrée nous parait totalement déconnectée de la réalité. Que certaines classes comptent 35 ou 36 élèves ne nous a jusqu’à présent pas empêché d’avoir au plan national des résultats tout à fait brillants aux épreuves Baccalauréat, avec des taux de réussite quasiment au sommet de l’échelle.
A l’inverse, le taux d’échec en 1ere année de faculté frise lui aussi des records d’une toute autre sorte, et c’est bien là que le bas blesse. C’est bien la preuve que c’est d’une réforme d’ensemble du système, et notamment de la pédagogie et de l’orientation, trop longtemps retardée, dont nous avons besoin, et que le problème majeur n’est pas celui que certains manifestants savamment encadrés voir pilotés essayent de nous vendre depuis trois semaines.

A en croire les récentes enquêtes d’opinion, les Français semblent d’ailleurs éprouver une sympathie toute relative pour ce mouvement, pour ne pas dire qu’ils le désapprouvent.
Ce doit être encore plus vrai pour certains parents soucieux de la réussite de leurs enfants.
Pour notre part, nous nous contenterons ici d’assurer le Gouvernement de notre soutien, et en tant que représentants de la classe d’âge des moins de trente ans, nous espérons voir aboutir prochainement une salutaire réforme d’ensemble du système.


A chacun d’entre vous, pour ceux qui restent indécis, de se prononcer à présent sur ce qu’il voit dans ce mouvement …



Posté le 18/04/2008 à 16:49 par Maxime LAVIGNE (12 commentaires)

Commentaires

Posté le: 19/04/2008 à 19:07 par cartman
 
 
les syndicats étudiants et enseignants sont noyautés par des cocos et des socialos qui ne rêvent que d'un mai 68 bis. ces manifs sont illégitimes. y'a pas de quoi faire un drame avec cette réforme...

Posté le: 19/04/2008 à 23:48 par FABRICE
 
 
L'ECOLE EST FINI .
L'école de la REPUBLIQUE souffre d'un mal aujourd'hui incurable ;le corporatisme .
De droite ou de gauche , tous les ministres de l'EDUCATION NATIONALE se sont heurtés depuis une vingtaine d'année , au corporatisme , au syndicalisme primaire FRANCAIS .
Nous avons des syndicats qui s'opposent sans jamais proposer . L'intéret de ce corporatisme , s'est d'éxister .
A quand un syndicalisme FRANCAIS intelligent , à l'image de ce qui se pratique dans les pays nordique EUROPEEN ?
Notre école a besoin d'air , de flexibilité , tout le contraire
des représentants syndicaux , rigide , incapable de réfléxion
collective .
Les réformes sont nécessaires , le corps enseignant a été associé au programme présenté par le MINISTRE DARCOS ;
retour des éleves dans leur classe , retour des professeurs à leur travail , car l'école n'est pa


Posté le: 19/04/2008 à 23:59 par FABRICE
 
 
( problème technique , suite )
(car l'école n'est pa) car l'école n'est pas fini !

Posté le: 20/04/2008 à 12:51 par macraptor
 
 
S'il vous plaît Cartman, arrêtez donc de raconter n'importe quoi. Vous ne pouvez pas savoir à quel point c'est agaçant. Réfléchissez donc un minimum avant d'affirmer de telles énormités.

Posté le: 20/04/2008 à 13:42 par macraptor
 
 
Franchement, je ne comprends pas vraiment d'où provient ce dégoût que vous avez pour Mai 68. Je vote la première proposition sans réfléchir une seconde de plus.

Posté le: 20/04/2008 à 16:15 par Christophe F.
 
 
Ben en fait je crois qu'il n'y a que plus ou moins depuis mai 68 que les lycéens sortent manifester dans la rue quand il ne sont pas d'accord avec une réforme.
Tous le monde s'extasie devant des jeunes "qui se prennent en main", "qui s'engage dans des combats politiques", "ils s'informent"...
Ils ne sont même pas majeur, alors si ils ne sont pas invité à voter c'est parce que l'on ne les considère pas encore comme assez mature pour peser le pour et le contre dans une décision politique alors pourquoi le seraient-ils sur une réforme ??
Aucun d'entre eux n'a lu le projet de loi, ils ne connaissent rien du tout au système de l'éducation national et la plupart ne savaient même pas que Xavier Darcos était leur ministre il y a quelques semaines encore.
Aux éléctions syndicales l'abstention est énorme, alors désolé macraptor, mais il n'y a dans la rue que les sècheurs et des gauchistes et communistes en herbes radicalement anti-gouvernementaux mal informés ;

Bientôt les collegiens vont aussi manifester...

Sur le sondages, si je pense que mai 68 a été une mauvaise chose je vote quoi ? :D



Posté le: 20/04/2008 à 19:01 par emilie
 
 
Christophe F. vous pouvez voter maintenant ! ;-)

Posté le: 21/04/2008 à 19:20 par Christophe F.
 
 
mdr, merci !
Je suis même pas le seul en plus...

Posté le: 22/04/2008 à 08:08 par Alsator (Site Web)
 
 
Il faut être aveugle pour ne pas comprendre que les lycéens sont manipulés par une gauche qui rêvent d'un 3ème tour national.
De toutes les façons, étudiants ou lycéens, la droite, elle, ne sait pas faire du syndicalisme !

Posté le: 23/04/2008 à 17:19 par claude
 
 
ce que me fait rigoler c'est que les meneurs de ces manifs sont la plupart du temps encartés au mjs ou dans des autres partis de jeunesse de gauche. on m'aurait menti ????????

Posté le: 28/04/2008 à 20:57 par mathieu
 
 
combien de vous save vraiment le nombre de profs sans classe et qui attendent que le temps passe
ces manif n'ont aucun but sauf le fait de manquer les cours et de ne plus rien apprendre
ou est l'ecole qui permet de creer un ascenceur social

Posté le: 15/05/2008 à 22:51 par Julien R
 
 
D’après les chiffres de l’éducation nationale disponible sur leur site concernant les effectifs des enseignant et des élèves depuis 2004 on a supprimé 30 000 professeurs et il y’a 150 000 élèves de moins. Paradoxalement il y’a eu une hausse de 10 000 personnes chez les aides éducateurs. Le budget de l’éduc a progressé de 5.2 milliard depuis 2003 et le taux de réussite de 1.6 %.Et je ne parle pas en plus des non titulaires qui représente plus de 10 000 personnes. Je ne suis pas sur qu’il y’est une corrélation si évidente entre le nombre de profs et la réussite scolaire des élèves.
Surtout quand on regarde les statistiques des pays aux systèmes scolaire efficace. Le problème n’est pas le manque de profs mais l’organisation des effectifs qui est irrationnel. Et je pense que ces suprrésion de postes se justifie car elles font partie d’une profonde réorganisation de l’EN. Les jeunes devraient manifester pour s’assurer qu’elle se déroule dans le bon sens, les syndicats travaillant avec le gouvernement pour pouvoir arriver à une satisfaction mutuelle. Au lieu de ça, on a un bras de fer totalement contre-productif qui tournera à l’avantage de du gouvernement on le sait bien, qui plus est sur un sujet ou les jeunes aurait puent avoir un vrai rôle a jouer.
C’est assez caractéristique de notre société qui sous ses ères humanistes se révèle incapable de communiquer sans conflit, et de ce révéler pragmatique et de travailler en coopérant comme si une peur inconditionnée voyait le changement et l’autre comme des pustules particulièrement insupportables
Quand au 10000 profs non titulaires sa représente quand même prés de 400 millions d’euros, rappelons que c’est le citoyen lambda qui paye pour sa. Et d’ailleurs une réorganisation de la fonction publique c’est in-fine une baisse de l’imposition sur le long terme et une possibilité de réinvestir dans le social. C’est la richesse qui permet le social pas l’inverse.   

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