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Les contradictions de l'écologie moderne


Un article dédié à quelqu'un en particulier, avec la même conviction que moi : celle de s'engager. Le simple fait d'entreprendre une telle démarche, montre une certaine détermination à faire bouger les choses. Parce que c'est le propre de la jeunesse, parce que se faire entendre et exprimer ses idées est d'autant plus difficile, que l'absence d'engagement chez les jeunes prouve la difficulté. Je ne pense pas à une difficulté « intellectuelle », mais celle de prise de risque, celle d'oser s'affirmer !

Alors un article, que j'ai décidé de rédiger sur le plan « climat » de M. Barosso. Il ne s'agit en aucun cas ici, de plagier les phrases du rapport et de faire une synthèse, sans apport critique (mais non satyrique ^^), sans réflexion, ce serait alors dénué d'intérêt. Le sujet du climat, et donc de l'environnement, doit, et devra être la priorité pour nous, jeunes, à qui reviendra la tâche d'épargner nombre de catastrophes.

Pour expliquer en quoi ce projet est important, il faut déjà préciser le but, et la volonté de M. Barosso et des commissaires européens (ne pas voir ici commissaire en tant qu'homme avec un manteau, la pipe et le chapeau, mais un commissaire, participant à une « commission » ^^). En mars 2007, le conseil européen s'est réunit afin de fixer les grandes orientations écologiques pour l'Europe. Deux objectifs clairs, ont été dégagés :

-réduire l'émission de gaz à effet de serre de 20% pour 2020 (par rapport à 1990,ou 14% par rapport à 2004)
-développer les énergies renouvelables, pour passer de 8.5% à 20% en 2020 de la consommation d'énergie.

Une fois ces orientations approuvées par les 27 chefs d'état du conseil européen, il revient à la commission européenne d'établir le projet politique à mener afin de remplir ces objectifs.

C'est là, véritablement qu'entre en scène l'équipe de M.Barosso, sa commission. En janvier 2008, le plan Barosso a été présenté. Ce projet est très ambitieux.
Il propose la réforme des quotas d'échange d'émission, ou plus simplement appelé « droit à polluer ». Pour simplifier, ces quotas d'échange fonctionnent actuellement de la manière suivante : une usine se voit attribuer des quotas de pollution. Si elle les dépasse, elle peut acheter des quotas à une usine qui a moins pollué qu'elle. Ce système ne s'applique qu'aux    10 000 plus grosses installations en Europe. La réforme de ce droit à polluer, transformerait ça en un marché, comme on achèterait une voiture par exemple. Mais ce marché serait une sorte de « mise aux enchères ». Cela revient à utiliser le système de l'économie de marché, afin de pousser les entreprises à réduire leurs émissions de CO2, car celui-ci, serait de plus en plus cher, puisque soumis aux enchères. On estime à 50 milliards d'Euros les recettes de ces ventes, qui seraient empochées par la commission européenne, avec l'obligation de les réinjecter dans des actions de protection de l'environnement, à l'échelle étatique par exemple. Ce droit à polluer, s'appliquerait toujours aux 10 000 plus grosses installations de l'UE.
Le problème, est que les grosses entreprises, celles qui « polluent » devront donc dépenser plus d'argent. Vous allez me dire, c'est le but ! Oui, mais la conséquence pourrait être la délocalisation de ces entreprises, et les licenciements qui vont avec. En effet, Renault, par exemple, produit en Europe des modèles de voiture. Elle paie la main d'œuvre européenne de plus en plus chère, et les salaires sont plus élevés que si votre Mégane était assemblée par des mains chinoises. Si à ce coût, on doit rajouter l'achat de quotas de plus en plus chers, cela n'inciterait pas les entreprises à rester en Europe. Et de surcroît, ce n'est pas pour autant qu'elles ne pollueront plus ! Elles iraient polluer le ciel asiatique. Moins d'emplois, moins d'usines en Europe. Mais pas moins de pollution, puisque délocalisation ailleurs.

C'est là, que ce pose le problème : maintenir les activités en Europe, ou se préoccuper de l'environnement avec cette « mise aux enchères » des quotas ? A choisir entre l'emploi et le climat...

C'est donc ici que l'on s'aperçoit d'une « faiblesse » de ce plan. Il peut y en avoir d'autres, mais c'est celle qui m'a le plus interpellé. Faire un choix qui dans les deux cas apporte de gros inconvénients...

On pourrait aussi parler des différences entre les demandes faites aux grandes et petites nations pour respecter les nouvelles normes d'émission, mais on repartirait pour 4 bons paragraphes. Si vous êtes arrivés jusque là sans vous dire « c'est saoulant, ça sert à rien » je vous félicite ! Vous comprenez l'enjeu de s'intéresser au monde qui se façonne pour nous.




Jonathan



Posté le 26/04/2008 à 18:12 par un Jeune Populaire (6 commentaires)

Commentaires

Posté le: 26/04/2008 à 18:54 par Nico
 
 
Très bon article à mon sens.

Ajoutons que le système que tu décris est celui de Kyoto, ni plus ni moins. C'est la raison pour laquelle la problématique des délocalisations se pose mais sans doute pas d'une manière aussi accrue que tu sembles l'esquisser. Parce que les pays asiatiques connaissent le même système pour le coup. Toutefois, je mets immédiatement un bémol à ce que je dis, puisque ce sont pour la plupart des pays qui ont un droit d'émission qu'il n'atteignent pas encore. Raison d'ailleurs pour laquelle il faut dépasser Kyoto et aller plus loin. Et que les USA rejoignent enfin le mouvement.

Enfin - mais là j'admets que je pinaille - philosophiquement je préfère parler de droit d'émission que de droit à polluer. Parce que juridiquement il ne peut y avoir de "droit à polluer". Mais je pinaille.

Enfin, je m'étais effectivement toujours imaginé qu'un commissaire européen avait le style du commissaire Maigret, mais maintenant que tu le dis, j'ai un léger doute... LOL

Posté le: 27/04/2008 à 17:56 par AcFanzine
 
 
Bon article effectivement.

J'aimerai simplement dénoter quelques points techniques très importants.

Sachons tout d'abord que le GIEC (fameux groupement d'experts Prix Nobel en 2007) , référence internationale de prévisions écologiques, ne base ses recherches que sur le CO2 en tant qu'agent à effet de serre. Or, il est important de souligner que les gaz à effet de serre sont à 90 % formés du CH4, ou vapeur d'eau bloquant les rayons solaires au sol. Les 10 % restants sont dus au CO2.

Sachons ensuite que dans ses calculs de taux de CO2 dans l'air, le GIEC relève les données à Hawai. Or, Hawai est un Volcan, porteur naturel de CO2. Enfin, le CO2 prélevé sur les carottes glaciaires est en contact avec l'air durant 1000 ans, ce qui là encore fausse la teneur réelle de la substance.

Je ne suis pas un sabreur de l'écologie, mais lorsque je vois la multitude de scénarios soumis par le GIEC pour les années à venir, je me dis qu'un rapport sérieux ne nagerait pas dans une telle hésitation.

Ecologie oui, alarmisme non merci !


Posté le: 28/04/2008 à 17:04 par Gégé
 
 
Excellent article, il est long mais il vaut la peine!




Posté le: 28/04/2008 à 23:55 par G.R.E.C.E.
 
 
Relire De Benoist...

Posté le: 30/04/2008 à 10:04 par François
 
 
Très bon article oui ! On se heurte de nouveau au problème entre la morale économique et l'écologie...
Mais n'est ce pas quelque part le même débat avec les droits de l'Homme et les accords économiques ???

Posté le: 30/04/2008 à 15:17 par Jonathan Labialle
 
 
Je vois que mon article plait, j'en suis ravi !

Les notes humoristiques y ont une place, car c'était un article pour (pas de pub ^^) Skyblog. Un public donc qui n'a pas forcément envie de lire tout un texte s'il n'y trouve pas d'intéret, et qu'il n'y comprend rien.

AcFanzine, tes remarques sur le GIEC sont intéressantes. En effet, il faut savoir, comme tout le temps, faire la part des choses et puis chercher à comprendre en profondeur les démarches et bases de ce qu'on nous propose.
Cependant, quant aux émissions de CO2, on est passé de 2 milliards de tonnes en 1950 à 7 milliards en 2007 (par an). La planète Terre est capable d'en absorber seulement 3.7. Il faudrait deux planètes comme la notre pour pouvoir garantir un certain équilibre. Et ça, que ce soit par carrotage glacier ou prélèvement atmosphérique au dessus d'un volcan, le constat est le même.

Aussi, une découverte scientifique me semble être importante concernant le CH4. Cette molécule se retrouve dans l'air par les pets des animaux, et différentes déjections. Des scientifiques australiens ont découvert que le kangourou a dans son organisme une bactérie qui élimine ce CH4 présent dans ses déjections. Question: pourquoi ne pas inoculer, si cela est possible et ne présente aucun danger, cette bactérie aux autres êtres vivants ? Sachant que le CH4 représente tout de même 90%, comme l'a avancé AcFanzine.

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