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La grève est un métier


Aujourd'hui je troque ma prose pour celle d'une des plus belle plume de la presse française - et oui, il en reste quand-même encore quelques-uns- Monsieur Franz-Olivier Giesbert. F-.O.G. pour les intimes. Ce court article est paru dans le journal Le Point -excellent journal, et oui, il en reste quand-même encore quelques-uns- du jeudi 8 mai 2008. Comme le disaient fort justement Michel Berger et France Gall: ça balance pas mal à Paris!!! Quel talent! Voyez plutôt:



La grève est un droit. Parfois, c'est même un métier. En tout cas, dans le service public français. C'est ce qui explique tout le raffut fait autour de la nouvelle expérimentation du service minimum d'accueil des élèves, pour la prochaine journée de mobilisation de la fonction publique, le 15 mai.

Certains syndicats d'enseignants hurlent à la provocation contre Xavier Darcos, notre excellent ministre de l'Education nationale. Pensez ! Cet homme refuse que l'on prenne nos enfants en otages. Il refuse, le malotru, qu'ils restent à traîner dans les rues. L'indignation s'impose.

Les grèves à répétition de l'Education nationale ont pour particularité de pénaliser les classes les plus défavorisées, qui n'ont pas les moyens de faire garder leurs enfants. Le bien nommé service minimum d'accueil (SMA) permet d'assurer la surveillance des élèves par les fonctionnaires territoriaux, dans les communes. Une bonne mesure, équitable et sociale.

Apparemment, pas pour tout le monde. Le 24 janvier, lors de la dernière grève, 2 023 communes seulement sur 22 000 ont eu recours au SMA. Les socialistes prétendent qu'ils ne veulent pas jouer les briseurs de grève. Ils montrent par là qu'après le remarquable aggiornamento de leur déclaration de principes, qui sera adoptée en juin, il leur reste encore du chemin à faire pour achever leur mue idéologique. En cessant d'être, avant toute chose, le parti des fonctionnaires et notamment de ceux qui sont toujours entre deux grèves.

Allez, encore un effort !

F.-O.G.

Post Scriptum : Sur la photo vous aurez reconnu Gérard Aschieri en noir et blanc (ce qui lui va bien vu qu'il a de vieilles idées), le chantre absolu de la grève systématique dans l'Education Nationale. On pourrait intituler cette photo "Gérard Aschieri ou la grève permanente". 



Posté le 10/05/2008 à 16:51 par Nicolas KIHN (19 commentaires)

Commentaires

Posté le: 11/05/2008 à 10:16 par charly
 
 
A quand un statut comparable pour les fonctionnaires français à celui des fonctionnaires allemands, par exemple ?

Certains fonctionnaires semblent oublier parfois qu'ils sont des agents du service public. Et le service public se doit d'être... continu, me semble-t-il !

Posté le: 11/05/2008 à 14:43 par Borris
 
 
Entièrement d'accord avec FOG. C'est inadmissible que que cette mesure, qui ne coûte pas un euro aux communes et est la plus sociale qui soit ne soit pas appliqué pour des raisons idéologique.

Je suis bien d'accord avec charly, l'utilisation à outrance du droit de grève doit cesser. Dans certains corps il faudrait supprimer ce droit. Ou faire comme pour certains services d'urgence. Ils font grève ok, mais viennent bosser quand-même. Peut-être pas de la même manière. Au minimum ils font des activités récréatives pour les gosses, du sport ou une initiation à l'art. Pas de math, pas de géo, mais quelque-chose qui ouvre l'esprit des enfants. Pendant ce temps, l'Etat est obligé de négocier quand-même et on n'a pas la pagaille absolue habituelle. La vie des jeunes parents en serait soulagée.

Posté le: 12/05/2008 à 14:01 par Emilie
 
 
Moi je soutiens le gouvernement un peu plus chaque jour, en me disant qu'ils sont tous sacrément courageux de bosser et de se triturer la tête à mettre en place des réformes pour améliorer notre quotidien, pour des gens qui se plaignent tout le temps, qui se rebellent contre tout, qui voudrait tout détruire pour ne plus vivre dans une société où l'on doit tous se serrer les coudes et courir dans le même sens à la recherche de l'idée qui embellira un peu plus notre avenir, et qui n'ont d'autre proposition que de s'opposer à n'importe quoi.
Oui sincèrement, il en faut des c**** pour proposer des réformes, ou de simples dispositifs pour améliorer le fonctionnement de notre société qui est déjà bien faite.
Les grèves en France n'ont plus aucun sens. En principe elles devraient être exceptionnelles ! Aujourd'hui quand on passe une semaine sans entendre parler d'une grève syndicale, c'est exceptionnel !

Posté le: 12/05/2008 à 15:30 par macraptor
 
 
Avec les salaires qu'ils touchent, il ne manquerait plus qu'ils glandent ! D'après vous, les Français ne sont que de vulgaires râleurs, et même pire : des rebelles ! S'ils ont le culot de faire grève, c'est qu'ils ne sont jamais contents. Quelle curieuse conception d'un droit fondamental acquis au XIXème siècle ! Et quelle belle image vous avez des habitants de notre pays ! D'après vous le droit de grève serait donc dépassé. Ce n'est pas mon avis. Comme les rapports entre salariés et employeurs sont toujours déséquilibrés, il faut bien trouver un moyen de faire pression pour obtenir satisfaction, en tout ou partie, à des revendications. Et pour cela, il n'y a pas trente-six solutions, il y a la grève, et c'est heureux. Mais je vous en prie, allez donc au bout de votre raisonnement et dîtes haut et fort que vous voulez la suppression de ce droit. Allez-y, dîtes le donc ! Comme ça, ce sera nettement plus clair.

Posté le: 13/05/2008 à 11:05 par Bibi
 
 
Comme d'habitude, dans notre charmant Pays, les droits sont détournés de leur conception originelle.

Le droit de grève est primordial pour pouvoir régler un conflit sans violence et revendiquer ses droits. A chaque abus, le droit de grève doit s'exercer.

Le problème c'est qu'aujourd'hui nous sommes dans une vision consumériste de la société et de nos droits. La grève c'est devenue du folklore, à la carte, un jour de vacances.

Le meilleur exemple c'est quand même les lycéens ou Melle Vies s'agite pour nous faire croire que ce mouvement lycéen est autre chose qu'un mouvement de purs glandeurs.

Aujourd'hui, elle nous dit qu'il faut manifester son désaccord envers la politique de M. Darcos en restant chez soi (sic!). L'épidémie de gastro pourrait bien apporter de l'eau au moulin du mouvement lycéen...



Posté le: 13/05/2008 à 14:58 par Nicolas
 
 
Macraptor, tu nous résumes la pensée de Marx dans les relations patronat-salariat du XIX ème siècle quand l'article de F.-O.G. traite de l'outrance de l'usage de la grève dans le service public et du refus de garantir une certaine continuité de celui-ci.
Ne te méprends pas. Je pense pour ma part que le droit de grève doit être maintenu, évidemment. Et que la mesure sociale qui donne ses lettres de noblesse à la notion de service public administratif ( car dénier la nécessité de continuité c'est dénier la particularité de la mission de service public administratif) qui sera re-testée le 15 mai prochain est excellente, évidemment.

J'apprends qu'un sondage (ce n'est qu'un sondage, ok) nous révèle que 60% des français approuve la mesure.

Posté le: 15/05/2008 à 11:08 par macraptor
 
 
Non Nicolas, je n'ai pas parlé de Marx. Quand j'ai parlé d'un droit fondamental au XIXème siècle je parlais bien sûr de l'apparition du droit de grève dans notre pays. Aujourd'hui, la tendance actuelle est à la diabolisation des grévistes et certains aimeraient le voir supprimé, partiellement voire totalement. Je trouve ça regrettable. Ce n'est pas ton cas et tu m'en vois ravi. Faire grève n'est pas un métier mais un droit pour en faire valoir d'autres déjà acquis de plus ou moins longue date mais parfois malmenés. Ou pour en conquérir d'autres. Je n'ai pas parlé de "lutte des classes" ou encore d'exploitation, d'aliénation du travail par le capital. J'ai simplement affirmé que les rapports entre salariés et employeurs étaient par nature déséquilibrés. Et ça, pas besoin d'être marxiste ni de gauche pour la savoir. Donc, la grève constitue un bon moyen de pression, que ce soit dans le secteur privé ou dans le public.

Posté le: 15/05/2008 à 11:15 par Macraptor
 
 
Je rajoute également que l'idée du service minimum n'est pas forcément mauvaise car, si j'estime que le terme "otage" est excessif, j'ai bien conscience des désagréments que cela peut entraîner chez des usagers qui n'y sont pour rien. Mais il ne faudrait pas que ce service minimum vide le droit de grève de son sens et altère son efficacité. Par exemple, une grève symbolique n'est pas trop efficace ; ça donne de la visibilité mais c'est tout. Il y a en effet certains corps de métier pour lesquels la grève est impossible et on peut le comprendre. Borris citait le cas des services d'urgence, effectivement on peut difficilement concevoir que les urgentistes laissent mourir les patients parce qu'ils font grève ! Dans ce cas, seul le badge "urgentiste en grève" permet de distinguer un gréviste d'un non-gréviste. D'ailleurs, en parlant de la situation des services d'urgence, Dieu sait que les motifs et revendications des urgentistes qui ont fait grève sont justifiés.

Posté le: 15/05/2008 à 12:19 par Nico K
 
 
Je sais que tu n'es pas allé jusqu'à faire du Marx dans le texte, c'était pour te taquiner. Mais tu éludais la notion de service public dans ton premier post, et je crois que tout le sens de l'article de F-O.G. (c'est pourquoi je l'ai mis en ligne) réside là. La grève peut être parfois utile. Dans des cas extrêmes. Mais pas la grève politique, pas la grève à outrance, pas la grève à répétition, pas la grève telle que les agents des services publics la pratiquent de nos jours et aujourd'hui même.

Posté le: 16/05/2008 à 14:32 par Christophe F.
 
 
Je pensais que les élus UMP soutiendraient pleinement ce "service minimum à l'école, mais selon un article du 14 mai que j'ai lu dans le La Croix , il semblerait que tel ne soit pas le cas.

Jean Pierre Bertrand maire UMP de Plan-de-Cuques (Bouches du Rhône ) dit :
"En cas de grève longue dans l'éducation, je serai peut-être amené à revoir ma position. Mais sur le principe, je ne vois vraiment pas en pourquoi ce serait aux communes d'organiser un service minimum pour compenser les conséquences d'une grève qui ne les concerne pas.
La logique voudrait que ce dispositif soit mis en place par l'État, avec les personnels, enseignants ou non, de l'éducation nationale.
Faire garder les enfants par du personnel communal à l'heure de la cantine, c'est une chose. Demander à mes employés de les accueillir toute la journée, c'en est une autre. Qui est responsable s'il survient un accident ?

Un autre maire sans étiquette dit :
Notre commune a bien recruté des animateurs, mais sur la base de contrats très précis et en nombre très insuffisant s'il s'agit d'accueillir les 2 000 à 3 000 enfants scolarisés sur le territoire.


Je trouve ça un peu léger comme argumentation, mais il n'empèche que ce service minimum suscite quelques difficultés dans sa mise en application.
Evidement chose sur laquelle - est il besoin de le préciser - le PS ne propose absolument rien !

Posté le: 16/05/2008 à 14:58 par Borris
 
 
Si j'ai bien tout suivi, les écoles primaires sont gérées par les mairies, non? Alors pourquoi il fait comme si ça ne le concernait pas ce maire UMP?

Ceci dit, je pense que la meilleure solution c'est le système proche de celui des services d'urgences. Ils doivent venir à l'école, mais pas pour faire la classe.

Il y en a assez de cette culture de la grève qui gène ceux qui n'y peuvent rien. Il faut rendre légal les autres actions qui gènent non les usagers mais uniquement les gens concernés auxquels ils veulent s'adresser. Ex: dans les transports faire voyager gratos, etc... Bref qu'on arrête de s'en prendre à son voisin qui n'est pas forcément mieux lotis.

Posté le: 16/05/2008 à 20:51 par macraptor
 
 
Il y a aussi le cas de Joëlle Ceccaldi-Reynaud, députée-maire de Puteau.

Posté le: 17/05/2008 à 12:50 par Macraptor
 
 
Si j'écris cela, ce n'est pas pour lui en faire le reproche, mais parce que je suis d'accord. Elle a refusé d'appliquer cette mesure en disant que ce n'était pas aux services municipaux d'assumer cette tâche. J'ai écorché le nom de la ville, en réalité c'est Puteaux.

Posté le: 17/05/2008 à 12:52 par macraptor
 
 
J'ai également écorché le nom de famille (décidément) : c'est Ceccaldi-Raynaud. De même que j'ai oublié de précisé le parti politique auquel appartient la fille de Charles Ceccaldi-Raynaud : l'UMP.

Posté le: 17/05/2008 à 23:12 par m*c*a*t*r
 
 
Commentaire hors-sujet : qu'attendez-vous pour proposez un nouveau sondage à vos lecteurs ? J'ai bien aimé le dernier mais j'attends le prochain avec impatience. Alors creusez-vous un peu la cervelle.

Posté le: 17/05/2008 à 23:55 par *a*r*p*o*
 
 
pour PROPOSER, voilà ce qu'il fallait écrire (au lieu de "pour proposez")... ERREUR DE GRAMMAIRE, sorry ! J'attends...

Posté le: 20/05/2008 à 14:33 par Christophe F.
 
 
Le Parti socialiste saisira le Conseil constitutionnel si le Parlement votait un projet de loi contraignant les communes à organiser elles-mêmes l'accueil des enfants en cas de grève dans l'éducation nationale, au motif qu'il y aurait une atteinte au principe de libre administration des collectivités locales et au droit de grève.

On touche le fond là...

Posté le: 20/05/2008 à 14:46 par macraptor
 
 
Et alors ? Il en a le droit, non ? Ce recours n'est pas vraiment infondé d'ailleurs, au moins pour ce qui concerne le principe de libre administration des collectivités territoriales. Est-ce aux communes de s'occuper de ça ? Est-ce aux communes de financer cette mesure décidée au niveau national ? Comme je l'ai déjà écrit plus haut, même certains élus de l'UMP s'oppose à ce projet de loi et ils ont raison de le faire.

Posté le: 01/06/2008 à 20:13 par Francois
 
 
La question à se poser est la suivante : le droit de grève est un droit inaliénable, c'est un fait et une volonté !
Mais, si l'on compare le "pouvoir de nuisance" de certaines professions, on se rend compte que tous les salariés ne sont pas logés à la même enseigne.
Ainsi, pour moi, faire grève doit (pardonnez le terme) faire chier la direction. Dans le cas d'une grève des enseignants, le conflit est avec le Ministre ou son représentant, non ? Les usagers ne peuvent résoudre ces divergences de point de vue... Dans ce cas, au nom de quoi devraient-ils être pénalisés ?? Le service minimum est donc un service que je trouve normal !

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